Lu au site : Alerte Google – sécheresse
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L’eau au centre des débats : Marrakech accueillera la deuxième édition de l’art du jardin du 10 au 13 avril prochain
Et de deux pour le festival de l’Art du jardin. Initiée par le magazine spécialisé « Jardins du Maroc, Jardins du Monde », la deuxième édition du festival se tiendra à Marrakech du 10 au 13 avril prochain sur le thème « L’économie de l’eau et les enjeux que représentent les politiques hydrauliques dans le monde pour l’avenir de notre planète ». Cette nouvelle édition baptisée « Jardin’ Art 2008 », sera marquée par la participation de chercheurs, hydrologues, agronomes, écologistes et paysagistes. « Nos besoins en eau s’accroissent tous les jours alors que les ressources hydriques s’amenuisent et certaines réserves d’eau exploitées aujourd’hui par les hommes ne sont plus renouvelables. Il est donc très urgent de se pencher sur la question de l’économie de l’eau si nous voulons sauver notre planète. Le jardin est un excellent exemple pédagogique pour parler de l’économie de l’eau car c’est dans un jardin qu’on peut installer les systèmes d’arrosage par goutte à goutte pour réduire les dépenses en eau », affirme Benchaabane Abderrazzak, membre du comité d’organisation du festival « Jardin’ Art 2008 ».Au cours de cet événement, les intervenants, selon leurs domaines d’intervention, vont débattre des solutions et des méthodes les plus novatrices et rationnelles en matière d’utilisation des ressources hydriques. En effet, le festival se veut être un espace d’échange pour les professionnels du jardin et de l’environnement pour partager leur savoir-faire et leurs connaissances en matière de jardinage écologique et de sensibiliser le grand public à la nécessité d’économiser l’eau.
Dans le monde, l’eau est inégalement répartie. Certains pays en ont trop, d’autres en manquent cruellement. Par ces manques (notamment la sécheresse) et ces excès (comme les inondations), l’eau pose à l’humanité des problèmes de survie. Avoir accès à un point d’eau ne signifie pas forcément avoir accès à l’eau potable. Ainsi, le problème de manque d’accès à l’eau ne se pose pas seulement dans les pays marqués par la sécheresse, il se pose également dans des pays où il pleut beaucoup. L’Afrique sub-sahélienne et saharienne, le Proche- Orient et l’Asie centrale sont les régions du monde les plus touchées par les sécheresses chroniques.
De 1940 à 1990, la consommation d’eau dans le monde a quadruplé. D’ici 20 ans, la demande mondiale en eau pourrait augmenter de 650% pour une population mondiale estimée à 8 milliards d’habitants. Aujourd’hui, une vingtaine de pays vit déjà sous un seuil de grave pénurie, situés pour la plupart en Afrique et au Moyen-Orient. Les changements climatiques constatés, la baisse du niveau des nappes phréatiques dans plusieurs régions du monde et l’aggravation du phénomène de la salinisation des eaux souterraines, ce sont là autant de signes inquiétants. Selon les Nations unies, à l’horizon 2025, trois milliards de personnes vivront dans des régions où les réserves d’eau douce existantes seront surexploitées. Et certaines réserves d’eau auront déjà disparu.
L’irrigation, à elle seule, absorbe 90% des besoins en eau. La gestion des ressources hydriques au Maroc comme dans d’autres pays du Maghreb nécessite un meilleur suivi pour optimiser la distribution de l’eau et faire face aux conséquences des sécheresses. Il n’existe pas, en effet, un équilibre dans la répartition des ressources en eau dans notre pays qui est caractérisé par un climat fortement contrasté. Les ressources hydriques au niveau national restent principalement influencées par une irrégularité annuelle et une variabilité inter-annuelle des pluies. Les spécialistes relèvent également une hétérogénéité de la distribution des précipitations sur le territoire marocain. Par ailleurs, l’alternance de saisons de forte hydraulicité et de périodes de sécheresse de durée variables est également élément dominant dans le contexte marocain. Pourtant, le Royaume dispose de quantités importantes d’eau de surface. Selon des chiffres officiels, sur l’ensemble des ressources en eau disponibles évaluées à 29 milliards de m3, seuls 19 milliards de m3 sont actuellement mobilisables dans des conditions techniques et économiques acceptables.
Par ailleurs, l’eau de surface, qui représente les deux tiers du potentiel en eau, subit des fluctuations d’apports importantes selon l’hydraulicité de l’année. Pour assurer en permanence les besoins des consommateurs marocains en eau, il est nécessaire de maîtriser les apports d’eau des années humides pour garantir les besoins notamment pendant les périodes de sècheresse. Pour cela, l’utilisation des ressources en eau devrait obéir à une politique de consommation rationalisée. En effet, certaines régions ont beaucoup souffert des dégâts économiques causés par des problèmes liés à l’eau : inondations, sécheresse et pollution. La sécheresse, à titre d’exemple, menace la sûreté hydraulique et nutritionnelle.
Cependant, les ressources en eau sont surexploitées dans plusieurs régions marocaines, notamment Souss, Al Haouz et Doukkala. Le bassin d’Oum Rbia connaît déjà une situation de déficit chronique. Les eaux souterraines sont un parfait exemple de l’exploitation à outrance. Pourtant, elles présentent de nombreux avantages de par leur bonne répartition géographique, leur facilité de captage et leur moindre vulnérabilité aux aléas climatiques et à la pollution. Elles peuvent jouer un rôle important dans le développement socio-économique du pays en assurant notamment l’approvisionnement en eau des populations rurales. Les rencontres prévues dans le cadre de cette deuxième édition du festival offriront certainement une occasion pour relancer le débat concernant les politiques du gouvernement marocain en matière des ressources hydriques.
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Par Mohamed BADRANE | LE MATIN
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