Investir dans la lutte contre la désertification (Alerte Google / Maliweb)

Lu au site :

Alerte Google – désertification

Maliweb

http://www.maliweb.net/category.php?NID=22007&intr

22 Journée du CILSS et 30è anniversaire de l’INSAH :

Partager les acquis et investir dans la lutte contre la désertification dans les zones arides

Les huit pays membres du Comité permanente inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le sahel (CILSS) – le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau et le Cap Vert – ont célébré, hier 12 septembre, la 22e journée de cette organisation et en même temps, le 30e anniversaire de l’Institut du Sahel (INSAH). Cette double célébration placée sous le thème  » investir dans la lutte contre la désertification dans les zones arides  » a été marquée au Mali par une conférence-débat sur le thème et une journée porte ouverte sur l’INSAH à son siège à Badalabougou. Cette journée porte ouverte sur l’INSAH/CILSS- Mali, présidée par son Directeur général, Dr Amadou Moustapha et le Secrétaire permament du CONACILSS-Mali, Ibrahim Touré, avait pour objet de partager avec les nombreux participants, les résultats de années d’études et de recherches en focalisant sur la thématique de la désertification, mais surtout recueillir les réflexions sur la relance des investissements dans le domaine de la lutte contre la désertification qui constitue le thème de cette 22e journée du CILSS. Une organisation portée sur les fonts baptismaux le CILSS, le 12 septembre 1973, pour faire face à la sécheresse et à la désertification.

En effet, la désertification qui se traduit par l’appauvrissement d’écosystème arides, semi-arides ou semi humides sous l’effet combinés d’activités naturelles et anthropiques, est devenue un phénomène mondial qui concerne 5,1 milliards d’hectares à travers le global. Le phénomène menace la survie de plus de 50 millions d’habitants du Sahel allant du Tchad au Cap-Vert. Un chiffre qui doublera dans 25 ans, si la population continue de croître à son rythme actuel et si aucune action vigoureuse n’est entreprise pour freiner ce processus. De plus, cette tendance devrait être accentuée sous l’effet conjugué des migrations, des fluctuations des prix agricoles et surtout, des changements climatiques.

Au Sahel, la désertification se traduit essentiellement par un appauvrissement et une dégradation continue, parfois irréversible, du potentiel biologique productif. Ailleurs, dans les zones plus humides, ce sont les déboisements, la savanisation des forêts et la salinisation des zones irriguées qui prédominent. Pourtant, les économies sahéliennes reposent principalement sur l’exploitation des ressources naturelles. Ainsi, il ressort de l’allocution du président en exercice du CILSS, Sidi Mohamed Ould Cheich Abdallahi, également président de la Mauritanie, qu’en milieu rural, 95 % de la population du Sahel exploite des terres vulnérables à la désertification et parmi eux, 62 %, soit plus de 27 millions de personnes, vivant en dessous du seuil de pauvreté. Conséquence : la pauvreté et la dégradation des ressources naturelles forment ensemble un cercle vicieux.

Et pourtant, la dégradation des terres a un coût économique de près de 42 milliards de dollars par an et par pays, soit 1 à 9 % par an du PIB agricole. La gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement s’impose comme la seule voie possible pour les pays du Sahel qui doivent prévenir la dégradation des terres et restaurer le capital naturel.

L’opération pluie provoquée bientôt sous-régionale

Pour faire face à cette crise, les pays du Sahel et leurs partenaires ont initié d’importants programmes et projets de réhabilitation des terres dégradées. En outre, la plus part d’entre eux ont entrepris des réformes réglementaires qui ont influencé les décisions en matière d’investissement dans la gestion des ressources naturelles. Aujourd’hui, dira le président en exercice du CILSS, les efforts consentis dans la récupération des terres dégradées au cours des trois dernières décennies sont à l’origine de changements positifs, tant du point de vue de la sauvegarde de l’environnement que des conditions socio-économique des populations.

 » Ces résultats montrent qu’il est écologiquement, économiquement, et socialement rentable d’investir dans les terres arides et confortent notre conviction qu’il est possible de vaincre la désertification. Il est temps, aujourd’hui de changer notre discours pessimiste qui occulte tous les importants acquis dans la lutte contre la désertification au Sahel  » a-t-il expliqué.

Le thème « investir dans la lutte contre la désertification dans les zones arides  » a été exposé au cours de la journée par Khassoum Dieye, expert CILSS. Celui-ci a parlé, en long et en large, de la désertification et a mis un accent particulier sur les expériences réussies de restauration de l’environnement dans certains pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Au terme des discussions et des échanges, les participants ont souhaité que l’on fasse plus confiance à nos experts en matière de lutte contre la désertification, que nos pays investissent davantage dans la recherche, qu’ils adoptent une approche globale de lutte.

L’opération pluie provoquée a été au centre des débats. Certains intervenants ont jugé utile l’utilisation de l’argent investis dans cette opération pour la maîtrise de l’eau alors que d’autres ont jugé l’idée pertinente. C’est le cas de Dr Amadou Moustapha qui dira d’ailleurs que le CILSS est en train de bâtir un grand projet sous-régional autour de l’opération pluie provoquée qui a donné des résultats jugés satisfaisants au Mali et au Burkina Faso.

L’INSAH, une réalité active du paysage sahélien

Lors de sa 8e session ordinaire en décembre 1977, le Conseil des ministres du CILSS a adopté les textes de l’INSAH devant ainsi une de ses institutions spécialisées. Il a pour mandat, de coordonner, d’harmoniser et de promouvoir la recherche scientifique et technique dans les domaines de l’agriculture, l’environnement, les marchés et les questions de population et de développement durable. Devenu une réalité active du paysage sahélien, l’INSAH, selon son Directeur général, a mené diverses activités en vue de garantir la sécurité alimentaire, une meilleure maîtrise de l’eau, une meilleure croissance des milieux humains et la restauration de l’espace sahélien.

Actuellement, l’institut mène des activités sur les questions de réglementation de biosécurité, les pesticides, les semences, l’interrelations population et sécurité alimentaire, l’intégration régionale de la recherche agricole et la diffusion de l’information scientifique et technique à travers son site web http://www.insah.org.

Au cours d’une exposition, les responsables de l’INSAH – Mali ont mis un paquet d’informations à travers des affiches et des publications à la disposition des participants.

Youssouf CAMARA

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s