La pauvreté comme fonds de commerce (Alerte Google / Le Messager)

Lu au site :

Alerte Google – pauvreté

http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=137&code_art=20663

Afrique subsaharienne

La pauvreté comme fonds de commerce

 

Dans un ouvrage à peine sorti des presses, Bertrand Feumetio promène ses lecteurs, chiffres à l’appui, dans les méandres de la pauvreté.

Quelque 328 pages. C’est le volume de “ La pauvreté en Afrique subsaharienne : incursion dans les dédales d’un mal ” – “ Esquisse de solutions pour la rendre humainement soutenable ” un ouvrage qui date de… septembre 2007. L’auteur revient sur cette pieuvre dont les tentacules enserrent nombre de pays sinon l’ensemble des pays au sud du Sahara. Avec des arrêts au Gabon, en Guinée équatoriale, en République démocratique du Congo, au Burkina Faso. Après avoir défini la pauvreté comme “ manque d’accès aux ressources, aux biens productifs et au revenu résultant d’un état de privation matérielle ”, le diagnostic établi par Bertrand Feumetio permet de considérer que si les causes de la pauvreté sont multiples, les poches les plus concentrées se situent en zone rurale. Il observe néanmoins que la précarité s’étend de plus en plus dans les villes africaines. Les femmes et les filles étant les plus touchées.
Pour ce qui est du cas particulier du Cameroun, l’auteur présente la pauvreté comme la conséquence d’une gestion malsaine des pouvoirs publics, voire comme un fonds de commerce du gouvernement, une option politique, un projet de société occulte, minutieusement élaborés et méticuleusement mis en œuvre. C’est pourquoi, explique-t-il, on voit de Camerounais hauts fonctionnaires, ramper à toutes les occasions et prêts à tout pour obtenir le moindre poste de nomination. Le désespoir de ceux qui n’atteignent pas cet objectif fertilise à fond le terreau où germent l’obsession de la vengeance et du suicide où se recrutent des gens blasés qui n’ont plus rien à attendre de la vie… ”

Le diagnostic de l’auteur débouche sur des propositions concrètes pour, écrit-il, “ rendre la pauvreté humainement soutenable ” si on ne peut pas l’éradiquer. Il propose à cet effet des réajustements opérationnels à mettre en œuvre. “ Pour gagner la bataille de la réduction de la pauvreté en Afrique subsaharienne, les gouvernements doivent opérer des réajustements dans leur quadruple dimension : institutionnel, structurel, conjoncturel et sectoriel ”, souligne-t-il. Les propositions sont contenues dans le chapitre 6 de son livre.

Un disciple de la Banque mondiale
Bertrand Feumetio met un accent particulier sur l’investissement dans le capital humain à travers l’éducation, la prise en compte du secteur informel, le développement de l’agriculture, source de croissance et de sécurité alimentaire. L’investissement dans la santé est aussi l’un des axes de la lutte contre la pauvreté : développement des infrastructures sanitaires et formation du personnel ; le développement de la micro-finance figure entre autres parmi les mesures préconisées par Bertrand Feumetio.
Les propositions de cet auteur dégagent un fort relent du déjà entendu. Mais la sagesse populaire dit que la répétition est mère de la pédagogie. L’auteur fait la part belle, dans ses propositions, aux bailleurs de fonds dont la Banque mondiale qu’il cite comme “ modèle de stratégie. ” On sait que les thérapeutiques de cette institution ont montré leurs limites dans certains pays et que les plus courageux où le patriotisme et le nationalisme ont encore un sens ne les ont pas acceptées. Ils se portent pourtant mieux que ceux qui les ont adoptées.
Humblement l’auteur confesse qu’il n’a pas la prétention d’avoir produit une œuvre achevée. “ Des propositions faites en vue de rendre la pauvreté humainement soutenable ne sont ni révolutionnaires, ni inopérantes… L’intention première étant de contribuer à un débat qui est loin d’être clos ”, signale-t-il à l’avant-propos. Pourquoi ne pas le lire pour enrichir le débat sur la pauvreté en Afrique subsaharienne. Si possible.

La pauvreté en Afrique subsaharienne : incursion dans les dédales d’un mal 328 pages – Bertrand Feumetio – Publibook

Par Jacques Doo Bell
Le 21-09-2007

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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