Les populations pauvres menacées par la désertification (Alerte Google / El Watan)

Lu au site :

Alerte Google – désertification

http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=76829

Désertification

Les populations pauvres menacées

 

Selon un rapport des Nations unies sur la base de l’évaluation des écosystèmes en ce début du millénaire, la désertification est classée en bonne place comme « facteur de changement des écosystèmes potentiellement le plus menaçant pour la survie des plus pauvres ». Pas moins de 2 milliards de personnes vivant dans les pays en développement sont directement menacées par l’avancée du désert. Si la beauté du désert est une source intarissable pour la création poétique, son extension représente une réelle menace pour les êtres vivants. La progression des espaces désertiques pose un des plus grands défis environnementaux de l’heure et menace de manière dangereuse les besoins fondamentaux de l’homme vivant dans les zones arides. Eau, couverture forestière, fertilité des sols, tout ce qui constitue les bases de la vie est exposé à la disparition à cause de la désertification. Outre ses incidences sur la disparition des espèces vivantes, la désertification agit aussi sur le changement climatique. Selon le même rapport, « les sols des zones arides contiennent plus d’un quart du volume total de carbone organique présent dans le monde et la quasi-totalité de carbone inorganique. A cause de la raréfaction des puits de carbone causée par la désertification et le dépérissement connexe de la végétation, les émissions de carbone sont nettement plus importantes dans ces zones ». Les spécialistes craignent donc une incidence directe sur le réchauffement de la planète. L’interconnexion entre les deux phénomènes écologiques dangereux que sont le changement climatique et la désertification a été prouvée, reste à savoir quand est-ce que le même intérêt sera accordé aux deux phénomènes de manière équitable. Il est regrettable de constater que la désertification est toujours considérée par les pays développés comme un mal touchant uniquement les pays du Sud et en particulier l’Afrique, et par conséquent ne méritant pas des dépenses d’argent considérables. La récente conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification tenue à Madrid, du 3 au 15 septembre, a encore une fois posé le problème du manque d’aide financière allouée à la convention de lutte contre la désertification. Il s’agit du parent pauvre des conventions de Rio et risque de le rester encore malgré le forcing opéré par certains pays d’Europe dont l’Espagne, lors de la dernière conférence des parties. Le nerf de la guerre a encore une fois divisé les pays signataires de la convention qui ne sont pas arrivés à s’entendre sur une augmentation du budget alloué au plan décennal de lutte contre la désertification. Le Nord et le Sud continuent d’être otages de calculs financiers. Les pays du Sud qui ont fait valoir leurs besoins matériels pour pouvoir mettre un frein à la poussée du désert n’ont pas pu convaincre les principaux bailleurs de fonds, que sont les puissances occidentales, à mettre davantage la main au portefeuille pour leur venir en aide. L’Afrique, continent lourdement touché, connaît annuellement une aridité affectant 65% de ses espaces qui engendre une perte sèche du potentiel économique de 9 milliards de dollars.

Nadjia Bouaricha

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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