Bénin: reverdir le pays avec des nouveaux emplois (Alerte Google / SYFIA)

Lu au site :

Alerte Google – désertification

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4789

Bénin : de nouveaux emplois pour reverdir le pays

28/09/2007 ( Bénin )

Christian Roko

(Syfia Bénin) Des années de reboisement pour rien, des millions d’arbres plantés par des bénévoles et morts faute de soins… Le Bénin a tiré la leçon et embauché près d’un millier de jeunes sans emploi au SMIG pour planter des arbres, notamment dans les villes, mais surtout pour les entretenir pendant quelques mois.

Petit arbre deviendra grand… à condition qu’on prenne soin de lui. A Cotonou, comme dans 94 autres localités urbaines et rurales du Bénin, de petits arbres (caïlcédrat, terminalia, eucalyptus…) d’environ 25 cm ont été plantés le long des rues et, à la campagne, sur des domaines publics inoccupés. Tous les jours, sauf le dimanche, quelque 950 jeunes, dont 100 femmes, sont à pied d’œuvre dès 6 h du matin. Ils arrosent les plants, arrachent les mauvaises herbes, suppriment les branches inutiles et ajustent les grillages qui les protègent.
Anciens chômeurs, ces jeunes de 18 à 35 ans ont été recrutés pour une durée de six mois (juillet à décembre) par le Programme spécial de reboisement (PSR). À partir de janvier 2008, un seul jeune par localité sera retenu pour surveiller les plants pendant encore six mois, le temps de leur assurer un bon démarrage. Le dynamisme et la formation en agriculture ont été les premiers critères de recrutement. « Planter et entretenir les arbres est un art que j’ai acquis dans une école agricole de la place. Je suis heureux d’apporter ma contribution », lance Claude, un jeune bénéficiaire.

Ce programme est né de la volonté du chef de l’État et de son double constat que les villes du Bénin manquent de verdure et d’ombrage et que la désertification gagne du terrain. En zone rurale, on assiste à la destruction massive des arbres par des commerçants en quête de bois de chauffe ou de bois d’œuvre. D’après une récente étude de la Direction des ressources naturelles, le Bénin perd environ 100 000 ha de forêt par an, soit 0,87 % de sa superficie estimée à 114 000 km2.

 

Financé par l’État béninois à hauteur de 500 millions de FCFA (762 245 €), le PSR veut se démarquer de la vieille campagne nationale de reboisement, qui se déroule rituellement chaque année de juin à août, depuis 22 ans. Celle-ci a montré ses limites dans la lutte contre la désertification, l’érosion des sols et le verdissement des cités. Selon la Direction des forêts, entre 1985 et 2006, autorités publiques et habitants ont mis bénévolement en terre 65 millions de plants, fournis gratuitement par l’État. Mais très peu d’arbres ont survécu, selon la même source, qui ne dispose cependant pas de statistiques. Détruits par des animaux en divagation, arrachés par les enfants ou écrasés par les véhicules, la plupart ont péri par négligence et faute d’entretien. En outre, indique l’ingénieur agronome Théophile Capko, coordonnateur du PSR, « l’urbanisation croissante avec la construction de diverses infrastructures engendre souvent la destruction de la végétation ».

Sauvegarder l’environnement et créer des emplois

L’originalité du PSR est d’associer sauvegarde de l’environnement et création d’emplois pour les jeunes, qui sont les plus touchés par le chômage. Ceux-ci perçoivent le Salaire minimum inter professionnel garanti (SMIG), soit 27 500 FCFA (42 €) par mois, et une prime de déplacement de 10 000 F CFA (15 €). Les autorités locales se sont également impliquées dans l’opération. C’est le cas du chef du 7e arrondissement de Cotonou, Séverin d’Almeida : « Nous avons contribué au choix des sites de plantations. Nous avons au début sensibilisé les populations sur l’importance des plantes et nous les avons exhortées à bien accueillir les jeunes. » Il a été ainsi conseillé à toute personne qui en a les moyens de planter et d’entretenir un arbre.
Armé, comme la plupart des jeunes, de seau, d’arrosoir, de coupe-coupe, de houe, etc. Charlemagne entretient chaque matin 110 plants. En tant que chef d’équipe, il revient le soir vérifier les tâches exécutées par ses coéquipiers. Bien entretenus, les arbres poussent et les jeunes sont satisfaits de gagner enfin leur vie. Si cette première expérience est probante, le programme, lancé en juin 2007 par le gouvernement, devrait s’étendre aux villages. Dans cinq ou dix ans, le rêve d’un Bénin verdoyant sera-t-il comblé ?

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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