La désertification s’empare des sols fertiles (Alerte Google / Les Echos)

Lu au site : Alerte Google / désertification

http://www.lesechos.fr/info/agro/4650321.htm

La désertification s’empare des sols fertiles

La surexploitation agricole sur le point de stériliser les terres cultivables. Près de 10 millions d’hectares de désert sont produits chaque année par l’homme.  Ces cent dernières années, un milliard d’hectares de terres fertiles ont été dégradés sous l’effet de l’activité humaine. Autant que depuis les débuts des civilisations agricoles. « A ce rythme, nous manquerons sans doute de blé avant de manquer de pétrole », craint le microbiologiste Claude Bourguignon. Depuis la création de son laboratoire d’analyse des sols en 1989, le chercheur a examiné la composition physique, chimique et organique de plusieurs milliers de terres cultivées sur la planète. Et son constat est alarmiste : non seulement le désert et l’érosion gagnent, mais partout les équilibres s’effondrent, l’activité biologique recule et les sols meurent. « Nous sommes en train de détruire notre base de vie. »

Le bilan de la dégradation des sols dressé par l’International Soil Reference and Information Centre (Isric), basé aux Pays-Bas, le confirme : plus de 200.000 km2, une superficie équivalente à celle du Royaume-Uni, s’érodent chaque année dans le monde. En un demi-siècle, note l’institut, le surpâturage et la déforestation conjugués auraient appauvri 12,8 millions de km2 de sols en les privant notamment de la matière organique que lui apportait le couvert végétal et en supprimant les obstacles à l’érosion. En outre, la mauvaise gestion agricole aurait endommagé 5,5 millions de km2 et la collecte de bois de feu 1,4 million.

Les villes, enfin, et l’industrie se sont étendues au détriment de plusieurs centaines de milliers de km2 de bons sols. « Rien qu’aux Etats-Unis, 30.000 km2 de terres agricoles ont été perdues entre 1967 et 1975 du fait de l’urbanisation, de la construction de routes et de l’exploitation minière », note l’organisme. L’avenir apparaît plus sombre encore : l’intensité de l’érosion augmente d’une tonne à l’hectare par an, et ce sont 2,5 millions de km2 de terres fertiles qui pourraient devenir improductives d’ici à 2050. « La famine sera telle qu’elle pourrait bien réguler l’espèce humaine », pronostique Claude Bourguignon.

(continue)

PAUL MOLGA

 

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s