Burkina Faso et UNFCCC : Laurent Sédogo, ministre de l’Environnement (Alerte Google / Le Faso)

Lu au site : Alerte Google / désertification

http://www.lefaso.net/spip.php?article24671&rubrique3

Laurent Sédogo, ministre de l’Environnement : « Nous avons découvert que le Burkina exportait du charbon jusqu’en …Arabie Saoudite ! »

Sous l’égide de l’Organisation des nations unies (ONU) les représentants de près de 190 gouvernements sont réunis du 3 au 14 décembre à Bali, en Indonésie pour plancher sur l’avenir de la planète et trouver des solutions au réchauffement climatique. Ils devront définir la feuille de route des négociations prolongeant au-delà de 2012 le protocole de Kyoto, seul véritable outil international permettant de réduire les émissions à effet de serre, responsable du réchauffement climatique. Ce protocole signé en 1997, mais pas ratifié par les Etats-Unis, vise entre autres à réduire de 50% d’ici 2050 les émissions à effet de serre pour les pays en développement et de 80% pour les pays industrialisés. Prix Nobel de la paix cette année avec le vice-président américain Al Gore, les membres du Groupe international d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) prévoient une augmentation de la température de 1,1°C à 6,4 °C d’ici 20100 comparativement à la période 1989-1999. Ils ont souligné que l’activité est la principale responsable de la hausse de température.  Quelle est la place de l’Afrique dans ces négociations ? Alors que le continent noir émet beaucoup moins de dioxyde de carbone, il subit aussi les conséquences du réchauffement climatique : désertification, inondations, sécheresse… Comment l’Afrique peut-elle faire face au réchauffement climatique, concilier le droit de l’environnement et le droit au développement ? Quelle est la politique burkinabè en matière d’environnement ? Peut-on espérer l émergence d’une véritable citoyenneté écologique au Pays des hommes intègres ? Explications avec le ministre de l’Environnement et du cadre de vie, Laurent Sédego, en charge de ce département depuis 2004.

Avez-vous vraiment le sentiment de parler des mêmes sujets dans les rencontres internationales consacrées à l’environnement ?

Dans l’absolu, on pourrait être tenté de répondre par la négative ! Car on se rend bien compte que dans les grands fora, la voix de certains pays comme le nôtre n’est pas très considérée alors que nous considérons que sur de nombreux points, la gouvernance mondiale en matière d’environnement a quelque dérapé par rapport aux travaux de la conférence de Rio de 1992 qui a réellement constitué un tournant dans la façon de concevoir la place de l’environnement dans l’évolution du monde.

Malheureusement, très vite, on a constaté combien il était difficile d’appliquer les conventions et engagements pris à Rio, notamment sur la biodiversité, le réchauffement climatique et la désertification. Il faut le dire, ces conventions ont été prises en otage par des intérêts politiques et stratégiques qui se sont invités à la table des négociations. On a importé sur les questions environnementales, des problèmes courants que l’on rencontre à l’Organisation des nations unies (ONU) et à cause d’intérêts économiques, certaines conventions comme le Protocole de Kyoto, les conventions sur la gestion des produits chimiques, le transport des produits dangereux…ont été tardivement signées.

Du coup on peut se demander quels intérêts accordons-nous à tout ce qui a été fait à Rio, les questions politiques ayant pris le dessus sur le souci de préserver l’environnement, un sujet qui doit échapper aux enjeux géostratégiques. Pour toutes ces raisons, je peux dire qu’on est frustré à la l’issue de certaines rencontres internationales surtout quand le refus d’un seul pays peut faire échouer les travaux. Pourtant, il faut avancer sur problèmes qui nous sont posés sans tenir compte des intérêts immédiats des uns et des autres.

Je dois nuancer cette lecture assez pessimiste que je viens de faire, car si elle est vraie dans l’absolu, il faut aussi reconnaître que tout le monde a pris conscience que nous sommes pratiquement dos au mur, que dans les trois prochaines années, il y aura des mutations qui vont intervenir et qu’il faut absolument réagir sur la gouvernance environnementale. Sur le changement climatique, les enjeux sont colossaux car il y a des pays du Nord qui ne voient pas ce qu’ils gagnent à opérer ces mutations. Ils ont donc une attitude purement conservatrice parce que les gouvernements ne veulent pas mécontenter des groupes d’intérêts qui exercent des pressions sur eux.

C’est particulièrement vrai pour les Etats-Unis et un peu moins en Europe où l’opinion a pousse les gouvernements à prendre des mesures courageuses pour la protection de l’environnement. Quant aux pays émergents qui ont aujourd’hui des taux de croissance économique quasiment à deux chiffres, ils se demandent si les conventions internationales en matière d’environnement ne visent pas à freiner leur développement et à les maintenir dans un état de pauvreté.

Ces derniers ont-ils totalement tort, quand on sait que les autres se sont développés en détruisant la nature. Comment peut-on concilier le droit au développement et droit de l’environnement ?

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Selon certains experts, si tous les habitants de la terre devaient avoir le même niveau de vie que les Occidentaux, il faudrait trois planètes. Tout le monde a aussi droit au confort…

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Si l’opinion publique au Nord est sensibilisée sur les questions environnementales, qu’en est-il en Afrique, et particulièrement au Burkina ?

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Vous êtes ministre de l’Environnement et du cadre de vie, comme s’il y avait un lien naturel entre l’environnement et le cadre de vie…

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En quoi consiste justement la campagne de l’éco-citoyenneté ?

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Dans la ville de Ouagadougou, on constate cependant que cette campagne n’a pas encore modifié les comportements. Après la sensibilisation, la répression ?

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Que savez-vous de l’impact de l’utilisation des pesticides sur l’écosystème ?

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Dans votre politique de préservation de l’environnement, des confrères ont estimé que vous utilisez des méthodes qui rappellent celles des CDR…(Comité de défense de la révolution)

(continue)

Joachim Vokouma
Lefaso.net

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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