Maroc : plantations de dattiers contre la désertification (Google / le Matin.ma)

Lu au site : Alerte Google – désertification

http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=116&id=86667

Pour lutter contre la désertification

774 palmiers plantés à Bani Moussi au Sud du Royaume dans le cadre du projetIl paraît un peu étrange d’associer un rallye automobile à un projet écologique. Pourtant, c’est ce que vient de réaliser l’association Azekka, Students challenge et l’association Action carbone dans le cadre du projet « Green day ».

En effet, les participants à ce rallye automobile, co-organisé par les trois associations, ont tous versé des dons pour financer l’achat et la plantation de palmiers dattiers dans le village de Bani Moussi, de la commune de Tissinte, dans la province de Tata. Depuis 2004, l’association Azekka mène dans les régions de Souss-Massa-Drâa des projets de développement liés à l’éducation et l’accès au savoir, le développement local et l’environnement, avec des échanges interculturels avec la France. Le raid est la dernière manifestation réalisée par l’association.  » On a voulu rendre ce raid le plus propre possible. Pour ce faire, les participants ont dû chacun racheter des crédits CO2 pour contribuer ainsi au financement des projets verts », affirme un membre du comité d’organisation. Les initiateurs du projet ont voulu entreprendre une action susceptible de générer des revenus pour le village de Bani Moussi.

Initialement, l’objectif était de planter 200 palmiers seulement mais les organisateurs sont parvenus à planter plus de 700 palmiers dattiers. Ce projet rentre dans le cadre de la lutte contre la désertification. L’objectif est de permettre aux populations du village d’une part, de se sensibiliser aux questions environnementales et, d’autre part, d’améliorer leurs conditions de vie par le développement de la culture du palmier dattier. Dans la commune de Tissint, notamment le douar Bani Moussi en particulier, les ménages se basent essentiellement sur l’agriculture comme principale source de revenu. Une dépendance qui amplifie les pressions sur les ressources naturelles de la région, créant ainsi une situation défavorable à l’agriculture durable dans ces oasis fragiles.

Par ailleurs, la succession d’années de sécheresse a considérablement affecté les ressources économiques des paysans. Les conditions difficiles et l’orientation des habitants vers d’autres activités plus rémunératrices ont aggravé la situation des palmeraies de la région, résultant ainsi d’une forte désertification et une exode massive de la population vers d’autres villes. C’est pour cette raison que les responsables ont assigné à ce projet deux objectifs. Le premier concerne la mise en place d’un cadre de vie adéquat pour la population du village à travers l’amélioration du niveau de vie des ménages. Le deuxième réside dans la diffusion chez les habitants de Tissint d’une culture écologique. Selon les organisateurs, le choix de la culture du palmier dattier est justifié par la place qu’elle occupe dans les oasis marocaines d’une manière générale et à Tissint en particulier.

Sur le plan économique, la datte est pratiquement la source de gain la plus importante dans ces régions puisqu’elle forme jusqu’à 60% de l’ensemble des revenus de l’exploitation phoenicicole. Elle constitue en même temps un support solide de l’activité commerciale entre le Sud et le Nord du Royaume. Sur le plan socio-culturel, le palmier dattier fait partie intégrante de la vie quotidienne des populations. Il est également, pour eux, une source de fierté et de prospérité. Quant au rôle environnemental du palmier dattier, il faut souligner que ces plantations constituent des structures de base de l’agronomie dans les oasis. En effet, le palmier crée un microclimat indispensable au développement des cultures sous-jacentes allant jusqu’à trois étages de végétation (palmiers, arbres fruitiers, cultures basses annuelles ou pérennes). Il permet également de limiter l’avancée du désert.
Ce projet, réalisé et financé par le rallye Students Challenge et l’association Azekka, n’en est qu’à sa première édition. Les organisateurs comptent bien gagner la reconnaissance écologique dès la prochaine édition avec la participation de voitures moins polluantes.

(continue)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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