La Journée Mondiale de l’Eau (Google / L’Expression / Le Quotidien)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-03-22/50999.html

LA JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU

Quand l’eau viendra à manquer

22 Mars 2008

L’eau, entre bien marchand et patrimoine indivis. La question de la bonne gouvernance n’a jamais été aussi d’actualité.

Alors que les pays européens, à potentiel hydrique important, adopteront avant fin 2009 la directive-cadre européenne (DCE), pour une gestion intégrée de l’eau, les pays du Maghreb, à l’image de l’Algérie, en sont à leur énième déboire avec les caprices du climat, des réseaux d’AEP défaillants, l’envasement des barrages……
La formule de la gestion de l’eau, un manteau d’arlequin, qui au fil des remaniements, a vu beaucoup d’eau couler sous les ponts sans atteindre des citoyens assoiffés. Ceci pour dire qu’il n’est pas de tout temps admis de mettre toujours à l’avant du chaos une fatalité climatique liée à un contexte géographique de semi-aridité qui présuppose d’emblée le manque de ressources. C’est compris, et l’on comprend: la balle est dans l’autre camps!

Sur le plan local comme sur le plan international, les questions liées à l’eau se présentent comme une condition qui à la limite, garantissant la poursuite des objectifs du «Développement durable». Cela pourrait ressembler à un secret de polichinelle, si ce n’est que les stratèges de rang mondial s’accordent tous à dire que les prochains conflits seront directement liés à l’eau. Javier Solana, le Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, n’est sans doute pas le père du concept-hantise: l’immigration climatique. Il prévoit que dans dix ans les réfugiés climatiques se compteront par millions! La plupart victimes du réchauffement de la planète (in Expression 13/03/2008). L’appellation: veuves de la sécheresse dans le Nord-Est du Brésil, est à cet égard bien connue de longue date: pendant les périodes de sécheresse, la plupart des hommes migrent vers les villes en quête d’un emploi et les femmes deviennent alors les chefs de famille. S’il est vrai que l’humanité s’est tournée vers le concept de gestion intégrée de toute problématique à portée majeure, c’est-à-dire considérer la partie en prenant en compte son environnement global, il serait tout aussi convenable d’appréhender dans sa globalité le phénomène d’appauvrissement du Sud. Les solutions seront, elles aussi, reparties en matière de prise en charges, proportionnellement aux responsabilités dégagées. Si le Sud a soif, il y’a bien des raisons. Toutefois, il apparaît comme une évidence que le concept d’immigration écologique projeté dans les horizons à venir, semble être le seul corollaire intéressant les pays du Nord, essentiellement responsables du bourbier des changements climatiques qui met en péril la compétitivité économique des pays du Sud. Les derniers rapports d’organismes mondiaux font ressortir des chiffres qui donnent le frisson. Le Sud a réellement soif, il encourt aussi un fléau lié à la santé publique. Selon les Nations unies, 10.000 personnes meurent chaque jour dans le monde d’avoir consommé de l’eau polluée tandis que d’autres sources, avancent le chiffre de 30.000 personnes qui meurent chaque jour par les MTH. En 2025, les pays manquant d’eau auront environ 6,5 fois plus d’habitants qu’en 2000, soit 3,5 milliards au total. Il faudra aussi 17% de plus d’eau pour la production vivrière des populations en croissance exponentielle des pays émergents.

Par ailleurs, les scénarios futurs, prévus par les modèles climatiques, pour les écoulements superficiels font état d’augmentation de débit global des fleuves dans certaines régions du monde par suite d’effet de serre. Conséquences: fonte des glaces, déperdition des eaux douces dans les océans, ce qui va générer des risques d’inondation des zones côtières, où trois quart de la population de la planète vivra, selon les pronostics, d’ici 2020. D’autres régions, par contre connaîtront des sécheresses d’une sévérité et d’une durée sans précédents. D’ici à 2020, quelque 60 millions de personnes quitteront les zones désertifiées de l’Afrique sub-saharienne pour gagner le Maghreb et l’Europe.

(continue)

Mohamed ABDELLI

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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