Sénégalais et gambiens : sauver les dernières réserves (Google / Sudonline)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.sudonline.sn/spip.php?article10567

CASAMANCE : EXPLOITATION ANARCHIQUE DES FORETS DU KABADA/DATOR

Sénégalais et gambiens travaillent pour sauver les dernières réserves

Par Moussa Dramé Correspondant permanent | SUD QUOTIDIEN |
mercredi 23 avril 2008

Les communautés villageoises du Sénégal et de la Gambie situées de part et d’autre de la frontière mettent en commun leurs synergies pour préserver les ressources forestières. Celles-ci sont menacées de disparition du fait du bras dévastateur de l’homme. Les assises tenues le samedi 19 Avril dernier à Kanikunda se proposent de sauver les dernières réserves du couvert végétal de cette partie du Nord de la région de Sédhiou. Les forêts de la moyenne Casamance font l’objet d’une exploitation illégale et abusive aussi bien par des nationaux que par des sujets étrangers, constat fait par les forces de sécurité de la région de Kolda à l’issue de plusieurs arrestations. Le phénomène est plus accentué dans la façade Nord de la région de Sédhiou frontalière à la Gambie. Cette agression à outrance du couvert végétal perturbe l’équilibre de l’écosystème et compromet de fait le secteur de l’agriculture qui occupe l’essentiel des populations de la zone. C’est donc partant de ce constat que le guide religieux de Diallokunda Eh Hadji Mamadou Diallo a initié le samedi 19 avril une journée de sensibilisation sur l’enjeu de la protection individuelle et citoyenne de l’environnement : « j’ai initié cette rencontre pour indiquer que nous, guides religieux, avons notre rôle à jouer dans la construction nationale. Nous constatons que la forêt est vraiment en train de reculer du fait de l’action destructrice de l’homme. Et les conséquences seront très fatales pour nous les premiers concernés car, une fois l’écosystème perturbé, il n’y aura plus d’eau en quantité suffisante et les usagers comme nous les humains et les autres êtres vivants vont en pâtir atrocement. Les productions agricoles vont chuter. Ce qui, à mes yeux, représente une réelle préoccupation eu égard au coût de plus en plus cher de la vie. Cela permet de susciter une réflexion profonde autour de l’enjeu de la protection de la nature qui est un devoir qui nous interpelle tous. Nous osons espérer qu’à l’issue de ces assises, nombre de personnes en tireront les enseignements nécessaires » a indiqué El hadji Mamadou Diallo.

S’exprimant au sujet de la responsabilité collective de la préservation de la nature, Khassoum Diop un habitant de Kanikunda fait remarquer : « si nous avions très tôt eu un agent des Eaux et Forêts ici dans la zone, on ne serait pas à ce niveau de pauvreté et de dégradation très avancée des forêts. Car ici, il y’a beaucoup qui n’ont jamais fréquenté l’école, par conséquent, n’ont aucune notion du danger que représente la désertification. Et quand tu tentes de les convaincre, on te prend pour un marginal de la société. Heureusement que nous-mêmes avons maintenant pris conscience de la gravité de l’affaire et envisageons de renforcer la sensibilisation par l’entremise des comités de surveillance ».

A sa suite, Omar BA, un habitant de Nioro Diataba en République de Gambie de relever que « la mort de la forêt dans cette zone jadis très touffue de végétation est synonyme de galère et de famine chez les populations qui seront contraintes de trouver des ressources additionnelles ou de migrer vers d’autres cieux jugés plus cléments en raison de l’incertitude du lendemain que cela va sans doute entraîner dans notre vécu quotidien. A mes yeux, cela sonne comme un avertissement qui prévient de l’imminence du drame. Nous partageons les mêmes réalités et devons se dire certaines vérités pour préserver notre avenir dont la cohésion sociale dépend en partie de la bonne santé de l’environnement ». De même, les nombreux témoignages des villageoises et des villageois corroborent cette déclaration d’Omar Bâ.

La mise à mort programmée des arbres, un crime qui accélère la désertification !

Les aveux des populations de la zone font état d’une extrême gravité de l’exploitation anarchique des forêts : « il y’a des gens qui exercent des actions sur des arbres vivants pour précipiter leur mort afin qu’ils puissent en faire ce qu’ils veulent. C’est pourquoi en un laps de temps, on a constaté que les domaines forestiers reculent très vite. Cela est profondément inquiétant. Pour s’en rendre compte, il suffit de s’absenter d’ici pour quelques mois seulement pour constater le vide qui s’agrandit autour de nous ».

La pauvreté, une grosse pierre sur le chemin du combat !

Il est aussi apparu que ce phénomène est exacerbé par la complicité de certains autochtones qui hébergent des malfaiteurs de nationalités étrangères surtout. Mais dans les coulisses, on fait remarquer que la population de la zone tire l’essentiel de ses revenus de la vente de ces bois. Et que donc, l’abandonner est synonyme de galère. D’ailleurs, au cours de la rencontre, une femme a demandé au commandant Seydi des Eaux et Forêts de Sédhiou s’il est vraiment possible d’exporter « un minimum de bois vers la Gambie ne serait ce que pour subvenir à nos besoins vitaux car nous avons du mal à assurer nos repas quotidiens, nous sommes très pauvres, nos maris sont en chômage et l’agriculture ne donne plus rien. Nous interdire de couper le bois c’est creuser nos tombes. Dites de grâce aux autorités centrales de nous aider à trouver des sources de revenus pérennes. La vie est dure ici ».

D’un ton très ferme et très décidé comme s’il venait de subir un mal viscéral, le commandant Seydi répond en ces termes « personne n’a le droit d’exporter le bois vers un territoire étranger sans une autorisation spéciale et nous nous ne sommes pas du tout habilités à la délivrer. Je ne me ferai pas prier pour vous dire la vérité. Et même pour l’exploitation locale du bois, il faut une autorisation des services compétents ».

« Force restera toujours à la loi »

« Au-delà des actions de sensibilisation que nous nous proposons de mener de concert avec les populations locales, les forces de l’ordre vont toujours sévir pour que force reste à la loi ». Ces propos sont du commandant Lansaly Seyd, chef du service départemental des Eaux et Forêts de Sédhiou.

Même symphonie dans les propos du capitaine Edouard Mansal, adjoint à l’inspecteur régional des Eaux et Forêts de Kolda représentant son supérieur hiérarchique immédiat et le Ministre de la protection de la nature Djibo Leïty Kâ. « Il faut se féliciter de la tenue de cette rencontre qui nous a permis de cerner l’ensemble des problèmes car la parole était donnée à tous les acteurs qui se sont exprimé très librement, même si, quelques fois, ils sont sortis des préoccupations relatives à la conservation des sols. Cela peut se comprendre dans la mesure où c’est une occasion pour eux de donner leur avis sur la question. Nous estimons que ce dialogue participe du renforcement des mesures de lutte contre la désertification avec les populations et pour les populations.

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Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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