Le calvaire des nomades (Google / La Nation dj)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.lanation.dj/news/2008/ln50/national5.htm

Sécheresse

Le calvaire des nomades

La sécheresse est un sujet d’actualité. Dans certaines zones rurales, il n’a pas plu depuis près de 17 mois. Puits et oueds sont desséchés. Les  nomades et leurs cheptels vivent un véritable calvaire. Reportage.

Le soleil est haut dans le ciel dégagé. Il déverse avec une rare ardeur son fiel. Au niveau de Balbala,  nous empruntons la piste caillouteuse qui mène vers  Holl-holl. Notre destination ? Caalele. C’est le nom d’un oued à quelques  kilomètres de Goubetto dans la région d’Ali Sabieh. La localité figure au cœur d’un vaste secteur rendu exsangue par  une implacable sécheresse. Des pertes importantes de cheptel y ont été signalées. C’est en tout cas ce que nous ont laissé entendre  quelques uns de nos contacts ici, à Djibouti.

Notre véhicule, une pick-up double cabine, file à toute vitesse en dépit du mauvais état de la piste. Des mains expertes tiennent le volant. Aucun souci de ce côté. Plus nous avançons, plus le spectacle qui s’offre à nos yeux,  est désolant. La nature est en train d’agoniser. Trois couleurs prédominent : le gris de la  caillasse, le noir du basalte et le marron délavé des troncs et des branches des épineux. Il fait tellement chaud que nous pensons un moment être enveloppé dans du papier  aluminium comme de vulgaires sandwich prêts à être consommés.

Un oiseau de proie entame une danse macabre très haut  dans le ciel et dessine des ronds. Nous pensons  qu’un festin se prépare quelque part. Mais l’oiseau disparaît aussi vite qu’il a surgit. Le soleil tape dur. L’aigle a sûrement remis à plus tard la quête de sa pitance.

Sur le bord de la route, des enfants gardent un troupeau de chèvres faméliques à la recherche d’un improbable pâturage. Nous nous arrêtons, pour discuter un brin avec eux. Ils sont venus de Shabéley, une localité située dans la région d’Arta, mais proche de la capitale. Dans cette zone, un autre problème vient s’ajouter à la sécheresse. Des hordes de chiens errants dévorent les chèvres.

Les enfants ont paraît-il été mobilisés  pour faire face à ce fléau qui commence à prendre de l’ampleur.    Nous  regrettons  que ces enfants ne soient pas sur les bancs de l’école pour forger leur avenir. Nous laissons la cité des Panthères derrière nous.  Encore quelques  » kilos « et nous arrivons à l’improviste à  Goubetto, petit village par lequel passe la voie ferrée.

La sécheresse aggrave les cas de malnutrition chez les enfants. Nous nous rendons directement à l’infirmerie pour en savoir plus. L’infirmier major est à pied d’œuvre. Il répond à nos questions et fait état de cas graves de mal nutrition. Chiffre à l’appui, il nous informe que sur les  278 enfants recensés dans ce paisible hameau, une centaine  connaissent une sévère malnutrition.

 » La situation générale est en train  de se dégrader,  » renchérit Ali Hassan Aouled,  le notable du village qui nous a rejoint à l’infirmerie.  » Une trentaine de familles dont le cheptel a été décimé par le froid lié à la  sécheresse  se sont installés à Goubetto. Ces familles survivent dans des conditions précaires grâce à l’entraide familiale.

Le PAM, le Programme Alimentaire Mondial, n’a procédé à aucune distribution de vivres dans la zone malgré la sécheresse.  Aucune goutte  de pluie n’est tombée depuis 17 mois. Le cheptel est en train de périr. Heureusement nous comptons deux puits qui fonctionnent à l’énergie solaire. »

A 500 m du village, Aouled nous montre plusieurs  carcasses de caprins. Une chamelle  tente désespérément de brouter les bourgeons des épineux.  » Tout à l’heure avant que vous n’arriviez  à Goubetto,   le camélidé s’est écroulé. Il a fallu l’intervention de plusieurs hommes pour remettre l’animal sur pied, nous raconte, le notable.

(continue)

Les chèvres ont péri par  groupes. Des  dromadaires, généralement résistants, y ont également laissé leur peau. Implacable, la sécheresse continue de sévir et d’étendre ses mortelles tentacules.

AAY

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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