Prête-moi ta gomme… (N. BEGUIN)

Association

Prête-moi ta gomme…

Qu’est ce que c’est ?

Prête-moi ta gomme est une association Loi 1901 qui a pour objet de rapprocher  entre eux les enfants du monde. Elle a trois grands objectifs :
– Sensibiliser les jeunes collégiens et lycéens de France sur l’importance du “don utile” et sur l’urgence de la situation en Afrique.
– Offrir des possibilités de parrainage entre les enfants de France et ceux d’Afrique ou d’ailleurs.
– Donner plus de moyens aux pays défavorisés dans le domaine éducatif.

L’opération est née en janvier 2005. Travaillant dans l’audiovisuel, Nicolas Béguin a souhaité partir en Afrique, au Burkina Faso. Il réunit des fonds privés et parvient, muni d’une caméra, à partir en repérage pour une durée d’un mois. Pour mieux comprendre la vie, la pensée et les cultures de cette région encore inconnue pour lui, le Bénin et le Togo seront deux nouvelles étapes dans ce périple.

Problématiques et objectifs d’une telle entreprise.

L’objectif premier est de comparer la qualité des soins et de l’enseignement entre capitales puis dans les provinces afin de comprendre les besoins et les problèmes majeurs. Le deuxième enjeu, lié au premier, est de découvrir le plus de lieux possibles et de rencontrer des intervenants diversifiés.

Les résultats.

6 écoles, 1 orphelinat, 1 dispensaire et 2 centres de soins nous ont ouvert leurs portes. De Ouagadougou à Ouidah, perdu au fin fond du Bénin, de Cotonou à Lomé, ce sont plus de dix intervenants, professeurs, médecins, parents et éducateurs que nous avons pu rencontrer pour recueillir leur témoignage. Au final ce sont vingt heures de films qui nous permettent de boucler la première étape de l’opération “Prête-moi ta Gomme”.

Après les premiers pas, passer à l’action.

Sur place, le porteur du projet est devenu parrain d’une ONG au Togo, Carrefour Tiers Monde, et membre d’honneur d’une seconde école, à Ouidah, au Bénin. Ces deux évènements sont devenus déterminants dans la volonté de concrétiser cette opération.

Lucien Klevo, Président dévoué de l’Association Carrefours Tiers Monde, à Lomé, nous a montré l’étendue de son travail : des soins gratuits pour les enfants, des cours d’informatique avec des formations sur les bases, des cours de théâtres, d’expression corporelle. Son objectif est de sensibiliser les enfants sur leurs droits, de manière ludique et réaliste. Il propose ainsi aux enfants déscolarisés, qui travaillent  dans les champs pour la plupart, de se réconcilier avec une forme d’apprentissage. Son action est totalement en phase avec la nôtre : former les jeunes, les éduquer, les rendre curieux. Ils deviennent nos principaux interlocuteurs et depuis, nous nous entretenons par mails avec eux très régulièrement.

Apollinaire Favi est professeur dans une école à Ouidah, un petit village au bord de la mer. Ici pas de projets, pas d’objectif, pas de moyens. Il faut survivre. Le climat de cette région est très difficile. Paradoxalement, pour un touriste, ce lieu est visuellement paradisiaque: plages désertes, cocotiers, terre orangée. La nuit, le ciel est tapis d’étoiles comme dans les plus belles scènes du célèbre dessin animé “Le Roi Lion”. Mais pour ces enfants, c’est une toute autre réalité. Le plus fort taux de paludisme est relevé dans cette région et indubitablement, le plus fort taux de décès. Et il y a cette école. Au milieu de rien. Des arbres, de la brousse, de la jungle et puis la voilà. On ne peut y accéder qu’à pied, en moto ou en barque pour certains enfants. Nous avons été touchés, émus, et abasourdis de découvrir ce nouveau monde fait de rien. Quelques hommes, grâce à leur savoir et à leur enseignement, sauvent la vie de dizaines d’enfants. Mais les enfants, retenus aux champs par leur famille, sont de moins en moins nombreux aux cours. A Lomé, nous avons pu croiser des voitures Unicef. A Ouidah aucune aide internationale n’arrive. Ce territoire est livré à lui-même. Ils n’ont jamais vu une expédition humanitaire intervenir. Nous leur avons promis de revenir.

Passage dans les écoles.

Un mois après le retour en France, nous testons notre idée de “Conférence pour la sensibilisation”. Nous allons à la rencontre d’élèves de la 6ème à la terminale dans une école de Roanne (42). Après avoir parlé de notre expérience et débattu, nous leur avons fait une proposition : réaliser une collecte géante de vêtements, jouets, livres scolaires, cahiers, papier, stylos, craies et médicaments. Cette proposition a reçu un accueil chaleureux et donna suite à ce qui allait devenir notre ligne conductrice.

Le prolongement logique des conférences.

Enthousiasmés par cette idée, les élèves soulignèrent cependant un point assez significatif de l’état de l’humanitaire d’aujourd’hui par de nombreuses questions : “Pourrions-nous voir qui nous aidons ? Comment vivent-ils ? De quoi ont-ils besoin ? Ils font du sport ? Ils apprennent quoi à l’école ? Ils regardent la télévision ?”. On ne voit pas, on ne sait pas, on ne nous montre pas. Connaître celui à qui on donne nous donne envie de donner plus mais surtout mieux.

Le “don utile”

Donner c’est bien mais donner intelligemment, c’est mieux. A travers nos dons, il est important de préciser que nous ne devons pas imposer notre modèle. L’enjeu du don est d’améliorer la vie de ces gens dans leur quotidien, pas d’imposer une culture. Donner utile c’est combler des besoins vitaux, c’est voir, pour mieux comprendre pourquoi on donne. Donner utile c’est savoir pourquoi on donne. Et quoi de mieux pour ça que de rétablir une vraie proximité entre le donneur etle destinataire ?

Le parrainage

Pour aller plus loin dans notre démarche, chaque enfant de France pourra être en relation avec un autre enfant. La réciprocité et l’échange étant au coeur même de cette idée, ils pourront ainsi correspondre par lettre et s’enrichir mutuellement en apprenant à se connaître.

L’outil audiovisuel.

Il sera incontournable pour mener ce projet ; il sera la source première de la découverte des uns et des autres, notre meilleur argument de sensibilisation. Des épisodes de 26 minutes: un épisode par école. On y suivrait le convoi depuis la France, les spectateurs pourraient ainsi suivre le processus du départ à l’arrivée. Ainsi les enfants donneurs au départ, découvriraient en image, et de façon originale l’aboutissement de ce processus.

L’image.

Produire un film sur cette partie de l’Afrique exprime notre volonté d’un traitement innovateur. C’est une Afrique de visages, d’expressions, de regards qui doit se révéler. Une Afrique belle, douce et jeune. La beauté de ce continent passera par les enfants. Le traitement visuel n’en sera que plus précis, plus beau. Une équipe de professionnels de l’image soignera cet aspect.

Le concept d’une Opération

Pour chaque Opération, deux écoles se rapprocheront: une en France et une en Afrique. L’école française parrainera l’école africaine ; cela se traduira par des conférences de sensibilisation, une collecte, et la projection d’un film retraçant ces activités et la distribution de la collecte dans l’école africaine. A long terme nous mettrons en place d’autres échanges, avec d’autres continents, notre idée étant complètement universelle.

Le Titre

Wegdalara… ? – l’enfance d’un peuple – sera le titre du premier film projeté, intégrant le premier voyage au Togo, la distribution des fournitures collectées à l’école de Roanne pour les élèves Togolais.

Wegdalara :  En burkinabais, ça signifie “si Dieu le veut…?”. Pendant notre premier voyage nous avons été immensément interpellés par l’omniprésence de la religion dans la vie des gens. Beaucoup pensent que tout viendra de là-haut. Nous avons observé que certains résistent à cette fatalité. Notamment beaucoup de jeunes, qui n’attendent plus rien d’aucuns Dieux. Intégrer cette notion dans le titre du film est pour nous également l’occasion de pouvoir  mieux comprendre la place qu’occupe la religion dans ces pays. Le sous-titre, “l’enfance d’un peuple” marque un contre-poids. Ces jeunes peuvent transporter ce peuple en agissant et en se sentant encouragé.

Le film – Le Synopsis –

Lomé, capitale du Togo. Lucien Klevo est le Président d’une ONG locale : Carrefours Tiers Monde. Il se bat tous les jours pour les droits des enfants. Un dispensaire et une école tentent de subsister face aux difficultés financières même dans le pays le plus aidé d’Afrique.

Ouidah, Bénin. Appolinaire Favi et son équipe tentent d’enseigner à des enfants qui sont de plus en plus livrés à eux-mêmes.

Wegadalara… ? – l’enfance d’un peuple – nous emmène dans le quotidien de ces structures. Il nous fera vivre les joies, les peines mais aussi les espoirs et les combats de milliers d’enfants, de médecins, de professeurs et d’éducateurs qui, chaque jour, n’ont qu’un seul objectif : survivre.

Note d’intention.

Quand on découvre l’Afrique pour la première fois, c’est avec des chiffres. Au Togo, l’espérance de vie est de 45 ans et plus de 7 personnes sur 10 sont analphabètes. Pour une seule femme, on lui compte en moyenne 7 enfants avec une espérance de vie qui dépasse à peine les 50 ans. Au Bénin, les hommes vivent jusqu’à 49 ans et seulement 3 personnes sur 10 ont accès à l’enseignement. Plus d’un million d’enfants meurent du paludisme alors que le remède est maintenant connu de tous les occidentaux. Ils l’ont compris. Mais à nous à des les aider pour leurs donner les moyens.

La misère est un cercle vicieux et nous avons décidé d’intervenir. Nous voulons aller au-delà de ces chiffres, au-delà des missions humanitaires dont on ne connaît jamais l’issue. Nous voulons mettre des visages sur ces chiffres. Des visages d’enfants.

Nous savons faire des films. Nous avons envie de faire du bien.

Notre idée n’est pas révolutionnaire. C’est ce qui la rend réelle et humaine. Rapprocher les enfants de France et les enfants d’Afrique. Créer un pont entre eux, circuler dans les deux sens. Cette notion de réciprocité est primordiale. Sans elle, ce projet n’a plus de sens.

Cette opération sera jeune dans tous les sens du terme. Les protagonistes seront des enfants, et les premiers spectateurs, des enfants.

Tout est tourné vers l’avenir… Toujours…

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.