Sécheresse au Sénégal (Google / 20 Minutes)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/29089924


Sécheresse au Sénégal: «Y a plus rien à manger ici»

«La saison des pluies a été mauvaise. Il n’y a plus rien à manger ici», lance Cheikh Ngoné Fall, chef d’un village de l’ouest du Sénégal où la sécheresse pousse les jeunes à «fuir» en ville.

«Il y a 55 maisons dans ce village. Dans chacune d’elles, cinq à six jeunes sont récemment partis pour Dakar ou Mbour (une zone de pêche dans l’ouest) à cause des difficultés alimentaires», poursuit M. Fall du village de Tabi Fall, à quelque 130 km à l’est de Dakar.

«On n’a rien récolté l’année dernière. S’il y avait un forage, nous aurions cultivé (pendant la saison sèche) et personne ne serait parti», souligne ce septuagénaire, dans sa case en paille et zinc.

Il jette un regard dans la cour de sa maison au sol craquelé, effet de la sécheresse qui frappe ce village où la vie est devenue difficile après de mauvaises récoltes dues notamment à des pluies insuffisantes.

Flambée des prix

L’agriculture sénégalaise est presque exclusivement pluviale et seule une infime partie des terres est irriguée. Ce pays pauvre d’Afrique de l’ouest est en outre frappé de plein fouet par la hausse des denrées de base et la flambée du prix du pétrole.

Dans cette zone de savane, le paysage est aride. Les boeufs, chèvres et moutons, qui divaguent dans la brousse sèche, laissent apparaître des côtes décharnées.

«Il n’y pas d’aliment de bétail. Nous laissons les animaux en liberté dans la brousse sauf les chevaux pour éviter les voleurs», témoigne Moussa Ndoye du village voisin de Mérine Dakhar.

«Nous avons appris à nous passer du petit-déjeuner. Pour les enfants, il arrive qu’on leur donne chacun 5 francs CFA (0,007 euro) pour acheter des bonbons», affirme Fatou Guèye, une habitante de Tabi Fall.

Déjeuner sommaire

«Le déjeuner est sommaire, trois fois par semaine, c’est de la bouillie de mil avec du pain de singe (le fruit du baobab), sans lait, ni sucre. Le riz, 300 FCFA (0,45 euro) le kg, coûte cher», poursuit-elle.

A Ndiass, autre village voisin, Modou Diop, la soixantaine, dit avoir «semé à trois reprises du mil et de l’arachide l’année dernière». «Mais je n’ai rien récolté faute de pluie».

«Nous sommes obligés de diminuer la ration quotidienne de moitié. Nous ne mangeons plus assez. Le coût du riz est élevé: 300 FCFA et il n’y a pas souvent de mil», renchérit Khadim Diop, la trentaine.

Trois kilomètres plus loin, dans la localité de Ndiaye Damba Niane, Mbouba Diop, la cinquantaine, fait remarquer qu’»au petit- déjeuner, il nous arrive de prendre uniquement du «café-Touba» (café mélangé à une épice locale) quand le pain fait défaut».

Riz introuvable

A Merine Dakhar, dans la concession de la famille Ndoye, des femmes, à l’heure du déjeuner, raclent la sauce dans un bol, après avoir épuisé le riz.

«Parfois, nous avons de l’argent mais le riz est introuvable», dit Moussa Ndoye, au milieu d’une concession de trois familles de plusieurs dizaines de membres chacune.

(continue)

Source: SDA/ATS

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.