Zimbabwe: l’ex -grenier à céréales (Google / AFP)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

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Zimbabwe: l’ex -grenier à céréales devenu dépendant de l’aide alimentaire

HARARE (AFP) — L’agriculture du Zimbabwe, autrefois florissante, est en chute libre depuis l’expropriation brutale des fermiers blancs par le régime du président Robert Mugabe, dont la présence à un sommet sur la sécurité alimentaire à Rome suscite un tollé. Ancien grenier à céréales de la région, le Zimbabwe a vu sa production agricole chuter de 50% entre 2000 et 2007 et dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire internationale. Des denrées de base ont disparu des étals et la plupart des Zimbabwéens ont pris l’habitude de sauter au moins un repas par jour. Pour les détracteurs du régime, la crise remonte à la réforme agraire de 2000 menée dans la violence et la précipitation, qui a conduit au départ de plus de 4.000 fermiers blancs, dont les terres ont été redistribuées à des petits paysans noirs sans expérience ou à des proches du pouvoir.

« Certains des nouveaux fermiers voulaient exploiter les terres mais n’avaient pas le matériel nécessaire et d’autres n’étaient pas du tout intéressés par l’agriculture, ils voulaient simplement posséder des terres », explique Eric Block, un économiste indépendant basé à Bulawayo (sud).

« Ceux qui avaient les connaissances et les équipements ont été mis dehors. Le désastre se poursuivra tant que ces questions n’auront pas été réglées », dit-il.

Le président Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance de l’ex-Rhodésie du Sud britannique en 1980, estime pour sa part que son pays a été mis à genoux par une combinaison de sécheresse, de sanctions occidentales et de chefs d’entreprise sans scrupules.

« La réforme agraire a été positive politiquement », assure ainsi Augustine Timbe, un analyste pro-gouvernemental chroniqueur de la presse d’Etat.

Mais « nous avons eu des sécheresses et des pluies variables qui ont pesé sur la production », ajoute-t-il. « Les sanctions sont une autre explication. Nous n’avons plus accès à des sources de financements pour le secteur agricole ».

Selon un récent rapport de l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), le pays est menacé par une sécheresse qui risque de compromettre la récolte de maïs en cours.

« Bien que des pluies abondantes aient persisté en décembre et janvier (…), plusieurs provinces font face à une sécheresse depuis février », écrit la FAO en évoquant « une situation critique ».

Trevor Gifford, président du syndicat des agriculteurs commerciaux, qui représente notamment les quelque 400 derniers fermiers blancs du pays, trouve toutefois l’explication un peu courte.

« L’agriculture est dans un état désastreux. Cela n’a rien à voir avec la sécheresse ou le manque de matières premières. Le principal problème c’est que les dates de semence n’ont pas été respectées et que les engrais sont mal utilisés », explique-t-il à l’AFP.

La crise a été aggravée par une hyperinflation qui dépasse l’entendement — à près de 165.000% — et par une politique de contrôle des prix qui a forcé de nombreux agriculteurs à stopper leur production, faute de pouvoir couvrir leurs coûts.

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Ce qui conduit à des situations absurdes: la plupart des supermarchés n’ont pas de pain ordinaire mais certains proposent des pains épis, des pains moulés, à des prix hors d’atteinte pour la majorité des Zimbabwéens…

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.