ALGÉRIE : Le désert continue d’avancer (Google / Courrier International)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=86714

ALGÉRIELe désert continue d’avancer

A la veille de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, un rapport d’experts tire la sonnette d’alarme : la sécurité alimentaire est mise en danger par le recul des terres arables. La sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau potable risquent d’être compromis à long terme si rien n’est fait. Le phénomène de la désertification pèse telle l’épée de Damoclès sur l’Algérie comme sur d’autres pays du monde. Les chiffres communiqués, à la veille de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, le 17 juin, par la direction générale des forêts (DGF) sont alarmants. Erosion, perte de sédiments, glissements de terrain et avancée du désert… au moins 30 millions d’hectares des terres arables du territoire national sont aujourd’hui plus que jamais menacés par la désertification. Selon le rapport de la DGF, 12 millions d’hectares sont soumis à l’érosion hydrique dans les zones montagneuses, dont 47 % se situent dans l’ouest du pays.

Le rapport, rendu public hier, évoque aussi la perte de 120 millions de tonnes de sédiments par an et une diminution des capacités de stockage des eaux de barrages avoisinant les 20 millions de mètres cubes par an. Ce qui risque de réduire encore davantage les capacités, déjà insuffisantes, pour subvenir aux besoins nationaux en la matière. « La sédimentation de certains barrages a atteint un taux qui avoisine les 100 % », précise la même source. Ce sont les régions steppiques (dans les hauts plateaux et dans l’ouest du pays) qui sont les plus menacées. Sur un ensemble de 36 millions d’hectares, 20 millions sont aujourd’hui vulnérables à la désertification. « Alors que 600 000 hectares sont désertifiés, 7 millions relevant de la steppe sont sérieusement menacés par l’érosion éolienne », précise le document de la DGF. En plus de l’avancée du désert, la DGF souligne également un autre problème relatif au glissement du terrain (16,6 mètres cubes érodés par an) dû à la déforestation. Malgré le projet du barrage vert lancé en 1971 et les différentes campagnes de reboisement, la superficie forestière ne représente que 1,7 % du territoire national, dont 11 % se situent dans la région nord du pays.

La situation est la conséquence de plusieurs facteurs. En sus du climat et de l’avancée du désert (le Sahara compte 200 millions d’hectares), l’exploitation irrationnelle des terres, notamment dans les régions steppiques, et la destruction des forêts favorisent le phénomène de la désertification. La DGF rappelle les objectifs du programme d’action national pour la lutte contre la désertification, qui vise le développement durable de l’écosystème steppique.  »

(continue)

Madjid MAKEDHI

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.