Mauritius : Déforestation : étape majeure avant la désertification (Google / L’Express)

Lu au site : Alerte Google – désertification

http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=109990

JOURNÉE MONDIALE
Déforestation : étape majeure avant la désertification

La Journée mondiale de la désertification est célébrée aujourd’hui. En surface, Maurice n’est pas concernée par ce problème mais la déforestation pourrait entraîner des effets indésirables.

Le thème choisi par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCC) pour sa journée mondiale 2008 est nul autre que Lutter contre la dégradation de la terre pour une agriculture durable. Comme quoi la crise alimentaire mondiale est dans tous les esprits. Si la désertification affecte surtout les zones arides, semi-arides et sub-humides sèches, les activités humaines et les changements climatiques font en sorte que de plus en plus de pays connaissent une dégradation des terres. Et, qui dit dégradation des terres, dit forcément dégradation des terres arables.

Lors du discours du budget 2008-2009, le ministre des Finances, Rama Sithanen, s’est beaucoup appesanti sur l’importance croissante de la sécurité alimentaire en raison de la flambée mondiale des prix des aliments de base. Il a notamment parlé de l’intention du gouvernement de réserver 1 000 arpents de terres pour la production agricole. «Le gouvernement recherchera de grandes étendues de terres de 50 à 100 arpents qui seront louées à des entreprises se spécialisant dans la production de nourriture et constituées de regroupements de petits et moyens planteurs.»

Pas moins de Rs1 milliard a été alloué au Fonds pour la sécurité alimentaire. La viabilité de ce projet dépend en grande partie de la capacité du pays et de celle de ses voisins (Maurice compte développer des partenariats avec les gouvernements malgache, mozambicain et tanzanien pour la production alimentaire) à lutter contre la dégradation des terres et l’appauvrissement de la fertilité des sols qui en résulte.

La problématique de la dégradation des terres n’est pas nouvelle pour Maurice. Le pays a ratifié la UNCC en 1996. Le premier rapport national soumis à la Convention en 2004 avait d’ailleurs mis en exergue les problèmes liés à la dégradation des terres. «En raison de sa superficie limitée et une population grandissante, Maurice doit apprendre à gérer une pression accrue due à l’urbanisation, des pratiques agricoles intenses, une réduction de la superficie des forêts et le surpâturage. La surexploitation de nos ressources terrestres est à l’origine de l’appauvrissement de la fertilité des sols et des taux de production causant ainsi des problèmes de dégradation des terres.»

Selon le rapport annuel 2004 du Département des bois et forêts, la gestion des forêts joue un rôle prépondérant dans «le maintien et l’amélioration des conditions climatiques et physiques du pays, la sauvegarde des ressources en eau et de la fertilité des sols, et la prévention de la dégradation des rivières et des terres agricoles par les inondations et l’érosion ».

Stratégie de gestion durable des forêts

Comme l’explique le conservateur suppléant du Département des bois et forêts, Vishun Tezoo, Maurice n’est pas à proprement parler menacée par la désertification, mais la déforestation reste une préoccupation bien réelle. Celle-ci peut engendrer l’envasement des rivières et, plus en aval, des lagons. Cela a des effets néfastes sur la flore et la faune qui y en dépendent pour leur survie. Il va de soi que cela a également un impact majeur sur la qualité des sols.

Maurice se veut proactive dans la lutte contre ces maux et a donc mis en œuvre un Plan pour la gestion durable des terres. Cette stratégie vise notamment à «minimiser les dégâts de l’érosion». De plus, un Forest Land Information System est en élaboration. Vishun Tezoo rappelle cependant qu’une stratégie de gestion durable des forêts existe déjà et, par extension, une politique de reforestation. «Il faut toujours être conscient des risques liés à la déforestation.»

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Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.