Djibouti : Crise alimentaire : Solutions durables (Google / La Nation.dj) ?

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.lanation.dj/news/2008/ln85/national16.htm

crise alimentaire

Quelles solutions durables ?

Une crise alimentaire risque d’affecter le monde entier. Si l’éventualité se réalisait, l’avenir des ruraux nationaux, déjà menacés par le spectre de la soif, serait davantage compromis. Que faire pour renverser une tendance aussi pessimiste ? La question continue de nourrir un débat parmi les experts onusiens et les acteurs du secteur primaire djiboutien. Les premiers et seconds estiment indispensable de soutenir les milieux agro pastoraux en cette période de sécheresse. Soit. Mais ont -ils mené des actions concrètes allant dans ce sens sur le terrain ? C’est le cas. Les uns et les autres ont, semble-t-il, tiré des leçons du contexte similaire qui avait prévalu au niveau régional en 1999. L’irrégularité des précipitations et l’insuffisance des moyens de subsistance constituent les causes fondamentales de la sécheresse dans les zones arides et semi arides de la Corne d’Afrique où la croissance démographique est galopante. Hier comme aujourd’hui. Or, le troisième facteur génère des besoins supplémentaires que les maigres ressources disponibles ne peuvent couvrir. Le problème est récurrent.  Les pouvoirs publics, la FAO et le PAM ont, par, conséquent, réagi de concert pour mieux secourir les victimes de la sécheresse. Des tonnes des vivres ont été distribuées aux populations vulnérables au cours des mois écoulés. Une telle sollicitude est louable. Mais son caractère ponctuel a, juste, permis de répondre aux urgences immédiates.
Et les alternatives sur le moyen ou long terme, me diriez – vous ? Elles existent. Fort heureusement. Les autorités compétentes et la FAO ont ciblé une série de challenges qu’elles entendent relever ensemble. La démocratisation de l’accès à l’eau potable et la responsabilisation des femmes et jeunes des milieux ruraux revêtent une importance particulière. Pourquoi ? L’aboutissement des deux objectifs conditionne le succès d’autres chantiers prioritaires. Qu’il s’agisse de l’introduction des techniques de retenue d’eau ou du renforcement de la surveillance sanitaire du cheptel dans les zones arides et semi arides. De défis qui appellent forcément de changements quant au mode de vie pastoral. Autant les provoquer. On ne peut accuser les acteurs institutionnels d’inertie à ce propos. Rappelons au passage le projet pilote de Dorra où le ministère concerné, la FAO et l’UNFD ont, conjointement, initié une campagne de formations et de sensibilisation auprès des familles d’éleveurs. Lesquelles s’approvisionnent maintenant en eau potable grâce aux retenues de la ressource et des citernes enterrées qu’elles – mêmes gèrent. Ce qui motive le renouvellement de l’expérience dans toutes les zones reculées du pays. Certes, l’appropriation des techniques de survie va dans le sens d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés pastorales. Encore faut-il qu’elles puissent mener des activités génératrices de revenus. D’où la pertinence de valoriser les produits du bétail comme le lait, la viande et les peaux. Ceci suppose de sortir les transactions commerciales s’y rapportant du cadre informel encore de mise au parc à bétail de Balbala. Les intermédiaires et les semi – grossistes y acquièrent des petits ruminants, de bovins et camelins livrés par les éleveurs selon des prix fluctuants. Détail significatif : des frais divers viennent gonfler les produits de vente de têtes de bétail pratiqués sur place qui sont, eux – aussi, variables suivant la loi de l’offre et de la demande. Pourtant une question se pose avec acuité. Les prix d’achat et de vente en vigueur au parc de Balbala incluent -ils les marges de commercialisation de peaux des espèces ? L’interrogation suscite des silences gênés ou des réponses  évasives chez les professionnels.

(continue)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.