Le projet d’Union pour la Méditerranée conjugue ambitions et incertitudes (Google / Le Monde)

Lu au site : Alerte Google – désertification

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Le projet d’Union pour la Méditerranée conjugue ambitions et incertitudes

LE MONDE | 11.07.08 |

Les représentants de 44 pays européens et méditerranéens vont se retrouver, dimanche 13 juillet à Paris, dans le cadre imposant du Grand Palais. Ils doivent participer au lancement du projet d’Union pour la Méditerranée défendu par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Ce partenariat euroméditerranéen nouvelle version, après le processus de Barcelone initié en 1995, a fait l’objet d’âpres discussions au sein de l’Union européenne, qui ont conduit à une réduction des ambitions initiales françaises, telles que M. Sarkozy les avaient exprimées lors d’un discours à Tanger, en octobre 2007.

Le rassemblement qui s’annonce sera pourtant sans précédent : pour la première fois, tous les pays riverains de la Méditerranée sont regroupés dans un sommet. Sur 44 chefs d’Etat et de gouvernement conviés, 41 devraient être présents. Après avoir entretenu le doute, le président algérien, Abdelaziz Boutelflika, et le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ont finalement annoncé leur venue.

Les efforts de la diplomatie française au fil des mois pour lever les réticences de certains dirigeants arabes – qui voulaient marquer leur réprobation à l’égard de la politique d’Israël et obtenir des clarifications sur les modalités de l' »Union » – ont fini par aboutir. Même si le « guide » libyen a choisi de s’abstenir.

L’Union pour la Méditerranée est « la meilleure nouvelle pour la paix au Proche-Orient », a déclaré M. Sarkozy, jeudi 10 juillet. Pour le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, le sommet sera « un succès historique ».

Signe de l’exercice d’équilibriste que constitue cet événement, plusieurs points de la déclaration finale ne seront sans doute clarifiés qu’à la dernière minute – raison pour laquelle des réunions ultimes sont prévues, samedi, entre hauts fonctionnaires, des « quarante-quatre », et entre ministres arabes. Le nom même du projet est en discussion ! Les responsables français voudraient éliminer la référence au processus de Barcelone. Ils seraient prêts, pour cela, à accepter que le secrétariat de l’Union soit situé à Barcelone, ce qui réjouirait les Espagnols.

LOURDES TRACTATIONS

Selon une mouture du projet de déclaration finale obtenu par Le Monde, et datant du 4 juillet, l’Union sera « un partenariat multilatéral » basé sur « une volonté politique partagée de revitaliser les efforts visant à transformer la Méditerranée en un espace de paix, démocratie, coopération et prospérité ». Elle vise à « jouer un rôle important pour faire face aux défis de la région » : « La crise de la sécurité alimentaire mondiale », « la désertification », les questions de migration, d’énergie, de « terrorisme et (d’)extrémisme ».

La façon dont le processus de paix au Proche-Orient doit être évoquée dans cette déclaration a donné lieu à de lourdes tractations. Une phrase notamment restait litigieuse dans le projet de texte datant du 4 juillet : elle insiste sur le fait que « la persistance du conflit du Proche-Orient » a entravé le partenariat euroméditerranéen créé en 1995 et « poussé à ses limites sa capacité à préserver les canaux du dialogue et de la coopération entre ses membres ».

Les pays arabes souhaitent voir une référence dans le texte à l’Initiative de paix de la Ligue arabe de 2002, et un appel à un « Proche-Orient libre d’armes de destruction massive ». La question de savoir si un statut d’observateur sera accordé à la Ligue arabe était aussi dans la balance.

De même que la localisation du secrétariat destiné à piloter les projets de l’Union (outre Barcelone, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont sur les rangs), le mandat et les statuts de ce même secrétariat n’ont pas encore été fixés, ainsi que le mandat de la coprésidence qui doit être assurée par M. Sarkozy et par le président égyptien Hosni Moubarak. Les questions non tranchées devraient être renvoyées à une réunion des ministres des affaires étrangères du processus Euromed prévu début novembre.

Les Turcs ont cependant obtenu gain de cause : la Déclaration confirme leur statut de « candidat » à l’adhésion à l’Union européenne, alors que M. Sarkozy avait un temps présenté son projet comme une alternative à l’intégration de la Turquie.

Même si le sommet du 13 s’appelle « sommet de Paris pour la Méditerranée », ce qui met un accent net sur le rôle de la France, le projet de Déclaration, lui, fait la part belle au processus européen dit « de Barcelone » (Euromed), lancé en 1995 et dont il s’agit de « renforcer les accomplissements et les éléments de succès ».

(continue)

Natalie Nougayrède et Philippe Ricard

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.