ONU : CRISE ALIMENTAIRE : L’AFRIQUE PEUT DEVENIR EXPORTATRICE AGRICOLE, SELON BAN (avec mon commentaire)

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CRISE ALIMENTAIRE : L’AFRIQUE PEUT DEVENIR EXPORTATRICE AGRICOLE, SELON BAN

New York, Sep 22 2008

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a appelé lundi les pays africains à consacrer au moins 10% de leur budget à l’agriculture, se déclarant convaincu qu’avec l’irrigation et un soutien international l’Afrique pourrait passer de la pénurie à l’exportation de produits agricoles.

« La question de la crise alimentaire est une question de vie ou de mort, littéralement », a déclaré le Secrétaire général lors d’une réunion sur la crise alimentaire mondiale centrée sur « les petits exploitants agricoles, la sécurité alimentaire et le développement rural en Afrique », en marge de la session spéciale de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU sur l’Afrique à New York.

Le Malawi recevait une assistance alimentaire en 2005. Il est devenu exportateur en 2007, a souligné le Secrétaire général.

« A l’heure actuelle, 7% seulement des terres arables en Afrique sont irriguées ». Le reste repose sur les pluies, qui manquent de plus en plus souvent, a-t-il noté, appelant à des investissements dans des techniques agricoles modernes, qui accroîtront les besoins de stockages et les infrastructures telles que les routes.

Le Secrétaire général a rappelé qu’;au cours de la révolution verte asiatique, les pays de la région dépensaient entre 11 et 14% de leur budget nationaux à l’agriculture, tout en recevant un soutien important de la communauté internationale.

Il a exhorté les pays africains à mettre en oeuvre la Déclaration du sommet de l’Union africaine (UA) de Maputo de 2003, qui fixait à 10% le budget de ses membres en matière agricole et de développement rural.

« A l’heure actuelle, 4% seulement de l’aide publique au développement va à l’agriculture, comparé à 20% dans les années 1980 », a-t-il aussi rappelé.

MON COMMENTAIRE (Willem)

Personne ne niera les effets néfastes de la sécheresse en Afrique.  Le monde entier est conscient de l’insécurité alimentaire et de la faim récurrente à ce continent.  Le problème primordial n’est donc pas de transformer l’Afrique en un continent exportateur agricole, mais de consacrer un maximum de moyens, financiers et autres, à l’alimentation de la population, en premier lieu à la population rurale.

Je ne suggère pas que le PAM doive submerger les Africains de paniers alimentaires, mais que tous nos efforts devraient se concentrer sur « des investissements dans des techniques agricoles modernes », comme le dit le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon.

La sécheresse et la désertification étant les facteurs qui influencent le plus l’insécurité alimentaire, il faudra donc surtout investir dans les techniques de stockage d’eau de pluie ou d’irrigation et dans les techniques de limitation du lessivage des engrais.  Ces techniques ont fait leur preuve.  Les meilleures pratiques sont connues, les cas de succès décrits.

Avant même de penser à une exportation agricole possible, les décideurs devraient investir dans des programmes de construction de petits jardins de familles et de jardins scolaires, facilement gérables par la population rurale elle-même et par les enfants à l’école.  Ce n’est pas en offrant un panier alimentaire à tous les Africains qu’on peut résoudre le problème de la faim.  Ce n’est pas en investissant dans des vastes programmes agricoles pour promouvoir l’exportation qu’on peut laisser manger les Africains à leur faim.

Un tout petit jardin pour chaque famille, un petit jardin scolaire pour chaque école ?  C’est réalisable et efficace !  Et la population pourrait en jouir déjà après quelques mois.

Seulement un rêve ?  Non, c’est une réalité déjà acquise à différents endroits.  Il n’y a plus que la multiplication de ces cas de succès à la plus grande échelle, aussi à d’autres continents affectés par la sécheresse.

Mesdames et messieurs, faites vos jeux !

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.