Les écoliers et la lutte contre la pollution par le plastique (Willem)

Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt l’article

« Les poubelles envahissent le désert »


http://www.leconomiste.com/article.html?a=88876

La “pollution durable” du globe par les sacs et bouteilles en plastique semble inévitable.  Une marée de déchets englobe lentement la terre.  Mêmes les régions les moins peuplées portent déjà les traces des temps modernes : beaucoup d’arbres y portent des “fleurs bleues, roses, blanches, jaunes, noires, …” sous forme de sacs en plastique.

Et pourtant !  Il est tellement facile d’apprendre aux écoliers de cultiver des légumes dans les sacs ou de produire des jeunes arbres (fruitiers et autres) dans des bouteilles.  Leur cour de l’école devrait être pleine de sacs et de bouteilles, au lieu de laisser traîner le plastique dans la nature.

Veuillez voir mes messages illustrés à mes autres sites :

http://jardinagecontainer.wordpress.com
http://containergardening.wordpress.com

Il suffit que chaque écolier ramène de sa maison à l’école tous les sacs de plastique, utilisés une seule fois par la famille.  Deux ou trois de ces sacs, l’un dans l’autre, et rempli de terre avec un peu de fumier, forme un “réservoir” (conteneur) de culture idéal, dans lequel filles et garçons peuvent ensemencer des légumes.  Quelques petits trous dans le fond des sacs permettent le drainage.  Les sacs eux-mêmes limitent l’évaporation.  Avec un minimum d’arrosage, les écoliers peuvent donc cultiver des légumes dans la cour de l’école et contribuer ainsi à la richesse des repas de la cantine scolaire ou ramener les légumes frais dans leur famille.

De la même façon, les jeunes peuvent ramener à l’école toutes les grandes bouteilles de plastique (eau minérale, jus de fruits, boissons fraîches, …).  Il suffit de couper chaque bouteille à quelque 10-15 cm du fond pour que la partie inférieure de la bouteille puisse servir comme petit réservoir d’eau.  La partie supérieure de la bouteille (sur laquelle on garde le bouchon) servira comme pot de culture pour des jeunes pieds d’arbre.

Récuperation d'une bouteille en plastique
Récupération d'une bouteille en plastique
Partie supérieure de bouteille avec son bouchon ; le cou avec 2 trous
Partie supérieure de bouteille avec son bouchon ; le cou avec 2 trous

D’abord nous perçons deux petits trous dans le cou de la bouteille, juste en dessous du bouchon.

2007-06 Jeune noisetier en bouteille
2007-06 Jeune noisetier en bouteille et, au fond, toute une série de plantules en bouteille

Maintenant, nous inversons cette partie supérieure dans le petit réservoir (la partie inférieure) tout en poussant le bouchon jusqu’au fond (pour stabiliser).  Nous remplissons la bouteille avec du terreau ou de la terre mélangée à du fumier, jusqu’à 5 cm du bord supérieur.  Nous enfonçons 2-3 graines d’arbre dans le substrat et nous arrosons.

Production de fraises en bouteilles en plastique
Production de fraises en bouteilles en plastique

L’eau d’arrosage percole dans le substrat de la bouteille et toute quantité qui n’est pas emmagasinée dans ce terreau coule dans le petit réservoir du fond à travers les 2 trous dans le cou de la bouteille. À l’inverse, en laissant le substrat se dessécher lentement, ce substrat peut aspirer l’eau qui se trouve dans le réservoir.

Ainsi, nous obtenons une utilisation maximale de l’eau d’arrosage, car l’eau ne se perd plus en profondeur de la terre (elle est récoltée dans le petit réservoir) et l’évaporation est réduite au minimum car les parois de la bouteille orientent toute l’eau vers les racines des plantules.

En fait, grâce à cette méthode, nous n’avons plus besoin de ces sachets en plastique noir, utilisés dans les pépinières, et qu’on retrouve souvent dans la nature après des plantations d’arbres.

Tous les écoliers seraient ainsi en mesure de contribuer à la lutte contre la pollution de la nature, tout en produisant des jeunes pieds d’arbre qui peuvent servir au reboisement de leur région, ou en cultivant des légumes frais dans les sacs en plastique, qui « décorent » la terre entière.

Une tâche intéressante, même du point de vue didactique !

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.