Afghanistan : Crise alimentaire et sécheresse (Google / Centre d’actualités de l’ONU)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=17749&Cr=Afghanistan&Cr1=s%C3%A9cheresse

Crise alimentaire et sécheresse poussent les Afghans hors des villages

11 novembre 2008 – Une grave sécheresse et la pénurie alimentaire ont contraint des milliers de personnes à quitter leurs villages dans le nord et l’ouest de l’Afghanistan pour partir en quête de travail et d’assistance. Désespérées, beaucoup d’autres devraient se déplacer à l’approche de l’hiver, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).Plusieurs provinces telles que Badghis, Faryab, Jawzjan, Ghor, Saripul, Balkh et Samangan ont été durement touchées par un hiver rigoureux plus tôt cette année, avant d’être minées par la sécheresse et de maigres récoltes. La production de blé – l’aliment de base en Afghanistan – aurait diminué de 36% par rapport à l’an passé. Le ministère de l’agriculture a d’ailleurs déclaré que le pays allait manquer, au cours des six prochains mois, de l’équivalent de 2 millions de tonnes de diverses denrées alimentaires, ajoute l’agence des Nations Unies. La hausse générale des prix alimentaires a aggravé le problème de l’insécurité alimentaire. Un appel des Nations Unies faisait état, en juillet dernier, qu’une augmentation des prix du blé et de la farine de blé de 200% était survenue à travers l’ensemble du pays l’année dernière. Les personnes les plus touchées sont les petits agriculteurs, les personnes sans terres, les nomades et les travailleurs journaliers.

« Il n’y a pas de pluie cette année », se plaint Qadir, 25 ans, qui a quitté son village dans le Balkh il y a trois mois pour venir chercher du travail à Kaboul. « Chez moi, je possède un lot de terre qui est arrosé par les pluies. J’y cultivais du blé. C’était petit mais cela suffisait à nourrir ma famille – jusqu’à la sécheresse. Je viens de quitter ma terre. Ca ne sert à rien. »

« Tous mes voisins sont touchés. Par le passé, nous pouvions travailler dans nos fermes mais, maintenant, les gens vont à Mazar-e-Sharif ou à Kaboul chercher du travail », explique de son côté Momin, 18 ans, originaire du village de Charken dans la province de Balkh, où il est à la tête d’une famille de six personnes.

Les deux hommes ont rejoint des centaines d’autres personnes à Charahi Sarai Shomali, un rond-point affairé du nord de Kaboul situé à proximité de la station de bus qui relie la capitale aux provinces du nord. Ils viennent ici tôt le matin et attendent, chaque jour, qu’un éventuel employeur les choisisse pour effectuer un travail journalier, le plus souvent sur des sites de construction. Ils gagnent trois à quatre dollars par jour et travaillent en moyenne trois à quatre jours par semaine.

Afin d’économiser de l’argent pour leurs familles, il n’est pas rare que plus de 10 de ces travailleurs migrants partagent une même pièce à Kaboul. Les conditions de vie sont rudes, mais ils gagnent au moins un peu d’argent et ont un toit au dessus de leur tête – au contraire de milliers d’autres qui ont été déplacés par la sécheresse ainsi que par le manque d’eau et de nourriture.

Le nombre de personnes déplacées par la sécheresse varie. Selon l’Observatoire des situations de déplacements internes, plus de 6 500 Afghans ont quitté leur foyer dans le nord et l’ouest en raison de la sécheresse cette année. Le Comité international de la Croix-Rouge estime, pour sa part, qu’environ 280.000 personnes souffrent de ses conséquences, et que des milliers de familles pourraient quitter leurs maisons en quête de nourriture et de travail à l’aube de l’hiver.

Ces six derniers mois, le HCR a fait état du déplacement de plus de 2.700 familles (environ 19 000 personnes), pour la plupart depuis ou au sein des provinces de Badghis, Balkh, Saripul et Samangan. Certaines sont parties pour les centres de districts comme Mazar-e-Sharif, vers des provinces avoisinantes comme Herat, ou pour les pays voisins que sont l’Iran et le Pakistan. Toutes ont été contraintes de partir en raison de l’insécurité alimentaire, de la sécheresse ou de la pauvreté.

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Alors que la sécurité se dégrade dans certaines parties du pays, les Nations Unies ont lancé un appel pour un accès humanitaire, afin de permettre aux travailleurs humanitaires de distribuer de la nourriture aux communautés dans le besoin avant l’hiver. Un rapport récent publié par un laboratoire d’idées britannique, le Royal United Services Institute, a averti que la famine menaçant l’Afghanistan pourrait constituer une menace plus importante pour les efforts internationaux de reconstruction du pays que le conflit lui-même.

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.