L’Afrique veut peser davantage dans la négociation sur le climat (Google / Le Monde)

Lu au site : Alerte Google – désertification

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/21/l-afrique-veut-peser-davantage-dans-la-negociation-sur-le-climat_1121520_3244.html

L’Afrique veut peser davantage dans la négociation sur le climat

ALGER ENVOYÉ SPÉCIAL

Le continent africain est vulnérable « au phénomène des changements climatiques auquel il n’a contribué ni à l’origine ni à l’aggravation, mais dont il demeure, cependant, le plus touché » : ce constat, inscrit dans la déclaration d’Alger sur les changements climatiques en Afrique, adoptée le 19 novembre, forme la pierre d’angle d’une attitude nouvelle du continent dans le débat planétaire sur la crise écologique. Jusqu’à présent, les 53 pays africains, divisés, assistaient en spectateurs aux négociations sur le climat, pesant peu face à l’Union européenne (UE), aux Etats-Unis ou à la Chine. Ils veulent dorénavant être entendus et faire prendre en compte le problème de l’adaptation des pays les plus pauvres aux désordres météorologiques à venir.

Réunis à Alger les 19 et 20 novembre, une quarantaine de ministres africains ont ainsi décidé le principe de la création d’un groupe de trois ou cinq pays qui les représentera dans la négociation. Ce groupe devrait être opérationnel dès la Conférence de Poznan sur le climat, qui s’ouvrira le 1er décembre.

Il faudra cependant l’aval de l’Afrique du Sud, qui n’était pas présente à Alger. Chérif Rahmani, ministre algérien de l’environnement et animateur de la conférence d’Alger, a bon espoir d’obtenir l’accord de Pretoria d’ici Poznan.

La déclaration définit par ailleurs les points essentiels pour les pays africains dans les négociations internationales : adoption d’un protocole distinct prenant en compte la désertification, la dégradation des sols et les ressources en eau ; mécanisme financier récompensant la lutte contre la déforestation et la bonne gestion des forêts ; protection des « nouveaux réfugiés climatiques » ; accroissement des financements permettant l’adaptation au changement climatique.

ALLIANCE AVEC L’UE

Le texte évoque aussi une « alliance continentale et intercontinentale sur le climat », ouvrant la porte à une coopération renforcée entre l’Afrique et l’Europe. Venu à Alger en tant que pays président de l’UE, le ministre français de l’écologie, Jean-Louis Borloo, a plaidé pour cette alliance : « L’Afrique est l’avenir de l’Europe », a-t-il déclaré, estimant que « l’Afrique peut être le premier continent totalement autosuffisant en énergie », notamment en utilisant une part des quelque 500 milliards d’euros que pourrait mettre en mouvement le marché du carbone en 2020.

(continue)

Hervé Kempf

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.