LES RESSOURCES NATURELLES SONT ESSENTIELLES À LA CONSOLIDATION DE LA PAIX (UNNews)

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LES RESSOURCES NATURELLES SONT ESSENTIELLES À LA CONSOLIDATION DE LA PAIX

New York, Feb 23 2009 11:00AM
L’environnement et les ressources naturelles doivent faire l’objet d’une attention accrue dans le processus de consolidation de la paix pour éviter que les conflits internes ne perdurent ou ne s’amplifient car les conflits liés aux ressources naturelles ont statistiquement deux fois plus de chances de reprendre dans les cinq années suivant un accord de paix, selon un nouveau rapport que vient de publier le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Pourtant, ces questions ne sont prises en compte que par un quart des accords de paix réglant des conflits liés aux ressources naturelles. Un rôle plus important pour l’environnement dans la planification post-conflit, ainsi qu’une plus grande capacité pour l’alerte précoce sont requis pour répondre aux risques environnementaux et mieux exploiter les opportunités, révèle le rapport. Ceci inclut une meilleure intégration des questions environnementales dans les activités de consolidation de la paix entreprises par le système onusien, ainsi qu’une utilisation plus attentive des ressources naturelles pour le rétablissement de l’économie et des services essentiels, et pour la création de moyens de subsistance durables dans les pays en phase post-conflit.

Le <« http://postconflict.unep.ch/publications/pcdmb_policy_01.pdf »>rapport, coécrit par un groupe d’experts du monde académique, d’organisations non-gouvernementales, et d’institutions de recherche faisant autorité sur les questions d’environnement et de conflit, propose une analyse des liens entre environnement, conflit et consolidation de la paix à travers quatorze études de cas, dont l’Afghanistan, le Darfour, le Sierra-Leone et le Libéria.

Les impacts directs – souvent dévastateurs – des conflits pour l’environnement ont été établis par le PNUE à travers quelque 15 évaluations environnementales post-conflit, qui ont documenté les dommages environnementaux à travers le monde depuis 1999. Mais les conséquences indirectes des moyens de survie des populations victimes de conflits et les dommages infligés à la capacité des institutions gouvernementales sont également des problèmes essentiels.
Même après l’arrêt initial des combats, les ressources naturelles peuvent contribuer à une reprise du conflit, et au financement d’une insurrection prolongée. Pas moins de 18 conflits violents ont été alimentés par l’exploitation des ressources naturelles depuis 1990.

A mesure que croît la population mondiale, et à mesure qu’augmente la demande, il est probable que les conflits liés aux ressources naturelles s’intensifient dans les décennies à venir. De nouveaux conflits pourraient également être générés par les conséquences possibles du changement climatique pour l’accès à l’eau et la sécurité alimentaire, par exemple.

Mais le nouveau rapport du PNUE suggère que l’environnement peut également contribuer de manière significative à la consolidation de la paix, plutôt qu’au conflit.
Citant la création de moyens de subsistance durables, le dialogue et la construction de la confiance comme des clés potentielles de consolidation de la paix, le rapport souligne aussi le rôle important que peut jouer la bonne gestion des ressources naturelles dans le redémarrage de l’activité économique des pays en phase post-conflit. En offrant une plateforme de coopération, des besoins et des objectifs environnementaux communs peuvent constituer une impulsion importante pour la paix.

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.