UNICEF : LA MALNUTRITION CHRONIQUE TOUCHE UN ENFANT SUR DEUX AU GUATEMALA (UNNews)

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UNICEF : LA MALNUTRITION CHRONIQUE TOUCHE UN ENFANT SUR DEUX AU GUATEMALA

New York, Feb 20 2009 11:00AM

Santa Sebastiana Aguilar Pacheco comprend trop bien ce qu’est être tenaillé par la faim veut dire. Cette femme de 45 ans vit avec sa vieille, son mari et deux enfants dans une petite maison avec un sol en terre battue. Elle gagne sa vie en élevant des lapins et en faisant des ménages, ramenant chez elle l’équivalent d’un dollar par jour, raconte le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (<« http://www.unicef.org/french/index.php »>UNICEF).

Le mari de Santa Sebastiana, âgé de 71 ans, a du mal à trouver du travail après avoir été récemment victime d’une blessure à la jambe. Elle-même souffre également d’un handicap à la jambe et a subi onze opérations chirurgicales pour soigner les lésions des nerfs et des veines qui lui posent des problèmes depuis sa naissance. Sans l’usage de béquilles, elle peut à peine marcher.

« Je cherche la nourriture la moins chère possible parce que nous ne disposons pas de beaucoup d’argent, » dit-elle. « Un jour, nous pouvons avoir un peu de haricots, le lendemain du riz et un autre jour des navets. Parfois, nous n’avons rien d’autre que des navets pour le déjeuner. Nous ne mangeons pas de viande. Nous élevons des lapins mais nous avons besoin de les vendre et par conséquent nous ne les mangeons pas. »

Chez les Aguilar Pacheco, les signes de pauvreté sont partout : un brodequin déchiré depuis bien longtemps, dans la maison, des fils électriques dénudés qui longent une poutre du plafond, posant de sérieux risques d’incendie et d’accident; la mère de Santa Sebastiana a perdu un oil parce qu’elle n’avait pas d’assurance maladie pour être correctement soignée. Le manque d’argent se traduit par un manque de nourriture, ce qui a des conséquences qui peuvent être dévastatrices sur ses enfants.

Le représentant de l’UNICEF au Guatemala, Adriano González-Regueral, affirme que la moitié des enfants guatémaltèques souffrent de malnutrition chronique. Le problème se manifeste lui-même par des retards de croissance et des résultats aux tests de Q.I. plus faibles « Un enfant sur deux, c’est la moyenne, mais dans les zones habitées par la population autochtone, la malnutrition chronique peut atteindre 80% de l’ensemble des enfants âgés de moins de cinq ans, » affirme-t-il.

Selon  le rapport de l’UNICEF « La situation des enfants dans le monde 2007 » le Guatemala a le plus grand pourcentage de filles et de garçons souffrant de malnutrition chronique en Amérique latine et est quatrième rang mondial.

L’UNICEF et cinq autres institutions de l’ONU collaborent actuellement avec le gouvernement, diverses ONG et des entreprises du secteur privé afin de mettre en place un plan national pour  la réduction de la malnutrition chronique. Cette stratégie inclut des activités de lobbying auprès des responsables nationaux pour obtenir des réformes légales, la création de centres nutritionnels pour distribuer des vitamines et des micronutriments ainsi que la promotion de l’allaitement au sein. Ils ont également développé un système pour repérer les populations en danger de malnutrition. Le programme souhaiterait toucher 220.000 enfants et 150.000 femmes enceintes de l’ensemble du pays.

« Pour la première fois dans l’histoire, le Guatemala dispose d’une très bonne stratégie et d’un très bon programme pour lutter et remporter la bataille contre la malnutrition chronique, » déclare  Adriano González-Regueral. « Mais nous avons besoin d’argent. Nous avons besoin d’argent provenant du budget national et des organismes internationaux mais, principalement, du budget national. »
Des familles comme les Pacheco ont désespérément besoin d’aide. Aujourd’hui, seule une petite partie d’entre elles sont atteintes. Elles survivent à peine et leurs enfants sont happés par un cycle infernal qui doit être brisé. Plus de la moitié de la population guatémaltèque vit dans la pauvreté et près de 16 pour cent dans l’extrême pauvreté. La situation est même pire pour les familles autochtones comme les Pacheco qui vivent en milieu rural.

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.