L’Amazonie réagit mal à la sécheresse (Google / Science&Vie)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

http://mondedurable.science-et-vie.com/2009/03/lamazonie-reagit-mal-a-la-secheresse/

L’Amazonie réagit mal à la sécheresse

Par Denis Delbecq • 10 mars 2009

Parmi les immenses stocks de carbone puisé dans l’atmosphère, la forêt amazonienne est le plus visible. Elle stocke en effet 120 milliards de tonnes de carbone (1). Et chaque année, la végétation en pompe 1,8 milliards de tonnes dans l’air lors du processus de photosynthèse, et en libère autant par la respiration. Mais que se passe-t-il quand la sécheresse frappe cette région grande comme huit fois la France? Une équipe de soixante-huit chercheurs (vous avez bien lu…) a tenté de calculer ce qu’on appelle dans le jargon scientifique, la susceptibilité de cette forêt au niveau de précipitations. Elle confirme dans la revue Science de vendredi (2) que la sécheresse réduit la capacité de la forêt amazonienne à séquestrer le gaz carbonique.

Ça a l’air de rien, mais ce paramètre est important. Car c’est l’une des multiples données introduites dans les modèles de simulation du climat. Les chercheurs disposent d’un important réseau de suivi scientifique (Rainfor) qui porte sur 136 parcelles dans des forêts anciennes, dans 44 types de paysages topographiques. Là, depuis vingt-cinq ans, on relève notamment le diamètre des arbres, la densité des bois, le niveau de précipitations au sol, ainsi qu’une foule de paramètres. En 2005, une intense sécheresse —l’une des plus sévères depuis cent ans— a provoqué une baisse moyenne de 100mm des précipitations. Le résultat ne s’est pas fait attendre, puisque la forêt a perdu entre 1,2 et 1,6 milliards de tonnes de carbone cette année-là. Autant que ce qu’a émis la Chine en 2004…

Si l’année 2005 a connu une forte hausse du gaz carbonique atmosphérique, les chercheurs soulignent avec justesse que leurs travaux ne permettent pas de conclure directement que la sécheresse amazonienne en a été un des facteurs. Rappelons qu’en 2008, le taux de gaz carbonique a atteint 384,9 parties pour million (ppm) , en hausse de 0,6%, selon les données publiées cette semaine par l’administration américaine de l’océan et de l’atmosphère.

(continue)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.