L’EAU EST ESSENTIELLE AU DÉVELOPPEMENT – RAPPORT (UNNews)

L’EAU EST ESSENTIELLE AU DÉVELOPPEMENT – RAPPORT

New York, Mar 12 2009 10:15AM

La demande en eau n’a jamais été aussi forte en raison de la croissance démographique, de l’évolution des modes de consommation alimentaire ou encore des besoins accrus en énergie, selon la troisième édition du Rapport mondial des Nations Unies sur l’évaluation des ressources en eau, présenté jeudi en amont du 5ème Forum mondial de l’eau qui se tient à Istanbul (Turquie) du 16 au 22 mars.

Le rapport, qui est publié tous les trois ans, présente une évaluation complète des ressources en eau douce de la planète. Cette nouvelle édition, intitulée « L’eau dans un monde qui change », insiste notamment sur le rôle joué par l’eau dans le développement et la croissance économique, souligne l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (<« http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=2902&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html »>UNESCO) dans un communiqué. 

« Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource »,  a déclaré le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, qui présentera officiellement le rapport au nom des Nations Unies le 16 mars à Istanbul.

Alors que la demande augmente, certains pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau. Les effets attendus du changement climatique devraient encore accentuer ce phénomène. Une compétition pour l’eau se dessine –; entre les pays, entre les zones urbaines et rurales, mais aussi entre les différents secteurs d’activité – qui risque de se traduire à l’avenir par une politisation plus marquée des questions relatives à l’eau.

Des politiques existent pourtant qui permettent de réduire les déperditions, d’améliorer la gestion de l’eau ou de réduire la demande. De fait, de nombreux pays ont déjà pris des mesures légales pour protéger leurs ressources en eau. Mais, constate le rapport, les réformes entreprises n’ont guère porté leurs fruits jusqu’ici car les actions menées restent trop souvent cantonnées au seul secteur de l’eau. Or, pour être efficaces, celles-ci doivent aussi impliquer les décideurs dans des domaines tels que l’agriculture, l’énergie, le commerce ou la finance, qui ont un impact déterminant sur la gestion de l’eau. Le rapport met aussi l’accent sur l’importance des partenariats entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile.

Premier constat dressé par les auteurs du rapport : l’accès aux services de base liés à l’eau (eau potable, assainissement et production alimentaire) demeure insuffisant pour une large part du monde en développement. On estime à plus de cinq milliards (67% de la population mondiale) le nombre de personnes qui ne disposeront pas d’un accès à des installations sanitaires décentes en 2030.

Parallèlement, la demande pour l’eau n’a jamais été aussi forte. Les prélèvements d’eau douce ont en effet triplé depuis 50 ans et les zones irriguées ont doublé pendant la même période. Ce phénomène de fond est notamment lié à la croissance de la population. Aujourd’hui de 6,6 milliards, elle augmente de près de 80 millions de personnes chaque année. Cela se traduit par une demande supplémentaire en eau de 64 milliards de mètres cube par an. Or, 90% des trois milliards de personnes supplémentaires qui viendront grossir la population d’ici 2050 vivront dans des pays en développement, pour beaucoup dans des régions où la population actuelle dispose déjà d’un accès restreint à l’eau.

En outre, la communauté scientifique s’accorde à prévoir une intensification et une accélération du cycle hydrologique à l’échelle de la planète liées au réchauffement de la planète. Cette intensification pourrait se traduire par une augmentation des niveaux d’évaporation et des précipitations. Si les effets de ces changements sur les ressources en eau demeurent encore largement incertains, on s’attend à ce que le manque d’eau ait des répercussions sur la qualité de l’eau et sur la fréquence de phénomènes tels que les sécheresses ou les inondations.

Selon les auteurs du rapport, les pays riches ne sont pas les seuls à devoir investir dans le secteur de l’eau. La prospérité à venir dépend en partie des investissements effectués dans le secteur de l’eau. Le développement des ressources en eau est en effet un élément clé du développement économique et social.

Confrontés à des pénuries croissantes, certains pays ont déjà commencé à intégrer leur stratégie de gestion des ressources en eau à leur plan de développement. C’est notamment le cas de la Zambie. Suite à cette intégration de l’eau dans le plan de développement national, de nombreux donateurs ont incorporé des investissements relatifs à l’eau dans l’aide qu’ils accordent à ce pays.
Mar 12 2009 10:15AM
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Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d’information http://www.un.org/french/newscentre/

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.