La sécheresse pèse sur la reconstruction en Irak (Google / Euroinvestor)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

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FEATURE La sécheresse pèse sur la reconstruction en Irak

par Missy Ryan

YOUSSOUFIA, Irak, 24 juillet (Reuters) – Le croissant fertile irakien, « don du Tigre et de l’Euphrate » où un sol riche et une eau abondante donnèrent naissance aux civilisations de la Mésopotamie, est aujourd’hui un désert.

De vastes étendues de terres arables sont craquelées et arides, de précieux marais se sont asséchés et les tempêtes de sable masquent le soleil.

Même le « fleuve Saddam », un canal d’irrigation inauguré dans les années 1980 pour relancer l’agriculture, n’est plus qu’un maigre filet d’eau verte.

Ces symptômes sont ceux d’une sécheresse devenue récurrente qui menace de saper les efforts de reconstruction en Irak après six ans de guerre.

L’eau est un bien si précieux au Moyen-Orient que de nombreux spécialistes prédisent des guerres de l’eau à l’avenir, si aucune solution durable n’est trouvée.

Les responsables irakiens sont prompts à accuser les pays voisins – Turquie, Iran, Syrie – et leurs barrages en amont mais les experts soulignent que les problèmes de l’Irak sont aussi liés à une démographie exponentielle, une irrigation inadaptée et au manque de mesures pour conserver l’eau.

« Tous les facteurs se rejoignent en même temps, urbanisation, changement climatique, variation du climat à court terme, demande accrue de nourriture », explique David Molden, directeur adjoint d’un institut de gestion de l’eau.

SALINITE

L’Irak connaît sa deuxième année de sécheresse sévère et sa pénurie d’eau la plus importante depuis une décennie, estiment les responsables américains à Bagdad.

La récolte de blé attendue en 2009 pourrait diminuer à 1,35 million de tonnes, la moitié d’une récolte normale, un comble pour l’ancien grenier à blé de la région, aujourd’hui l’un des premiers importateurs au monde de cette denrée.

Ce n’est pas seulement le manque d’eau qui a rendu l’agriculture irakienne si anémique, déclare Salah Faisal, un exploitant au sud de Bagdad. « Dans les années 1980, il y a eu la guerre avec l’Iran, dans les années 1990, il y a eu le Koweït et maintenant ce sont les Américains. Il y a eu cinq à six millions de morts et 70% de la population des campagnes est partie. »

La dépendance envers les importations et l’exode rural ont incité le Premier ministre Nouri al Maliki à lancer une initiative pour relancer le secteur agricole, qui reste le premier employeur du pays.

Mais les résultats seront longs à venir.

Les représentants de l’administration doivent notamment convaincre les fermiers d’abandonner certaines pratiques comme l’irrigation par inondation, qui a augmenté au fil du temps la salinité et rendu les terres moins fertiles.

Mais les méthodes d’irrigation performantes, par aspersion notamment, sont coûteuses et requièrent un équipement et une formation que la plupart des agriculteurs n’ont pas.

Le degré de salinité de l’eau qui arrive en Irak est de 400 parties par million (ppm). Quand l’eau se jette dans le Golfe, il atteint 2.000 ppm, le double du Colorado à son embouchure dans le golfe de Californie, souligne David Molden.

« La plupart des récoltes, à l’exception des plus tolérantes en sel, voient leur productivité baisser lorsqu’elles sont irriguées avec cette eau », dit-il.

TENSIONS AVEC ANKARA

Les tensions se sont accentuées récemment quand la Turquie a annoncé qu’elle comptait mener à bien la construction d’un barrage sur le Tigre. Les partenaires européens se sont retirés du projet Ilisu en citant des problèmes culturels et environnementaux, une victoire temporaire pour Bagdad, mais Ankara est décidé à aller jusqu’au bout.

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Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.