Les enfants sur les décharges de l’Argentine et les petits jardins

Message reçu de la part de Simonne MENDIA :

« Quand je vois les enfants sur les décharges de l’Argentine, essayant de se nourrir avec les déchets jetés, cela fait mal, surtout dans un pays si riche!!!  Il faudrait leur apprendre à recolter des millions de graines pour les planter  et avoir au moins des légumes frais.  Aujourd’hui, j’espère que des dizaines de Ministres de l’Agriculture donnent des ordres pour éduquer les enfants, pour leur donner des légumes et des fruits.

J’ai parlé hier à mes petites filles, ayant fait une démonstration, récuperer des graines d’une citrouille, leur expliquant que ces graines semées allaient donner des dizaines de plantes.  Il faut rendre sensible les enfants favorisés, demandant à leur mère de garder les graines, les préparer, donner celles-ci à des écoles pauvres.  Demandez aux institutrices et professeurs de s’engager à faire connaitre votre idée simple, mais mise en pratique formidablement efficace.  Dans les Villas Miseria il y a de la terre riche.  Il serait plus facile de donner des graines et outils pour cultiver un petit jardin que de l’argent qui ne sert a rien.  Quand on voit ces enfants et adultes squeletiques, c’est difficile de croire que nous sommes en Argentine, pays très riche , et non en Afrique, l’ Inde, ect.

Je me lance à fond dans votre idée.  Simonne« « 

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Chère Simonne,

Vous avez pleinement raison : il est si facile de donner à manger des légumes frais et des fruits à tous les enfants du monde.  Il suffit de créer des petits jardins sur des terrains vagues et de les apprendre à cultiver.  Nous pourrions toujours leur fournir des graines (voir notre action “Graines pour Vivres – <http://zadenvoorleven.wordpress.com>” ou “Seeds for Food” (<www.seedsforfood.org>)

Les dernières années, un mouvement appelé “guerilla gardening” (voyez Google) s’est créé dans toutes les grandes villes du monde.  Des gens pauvres y occupent des petits terrains vagues, même en plein centre-ville, pour y installer des terrains de culture de légumes.  N’est ce pas la preuve que ces gens qui vivent dans l’insécurité alimentaire et la pauvreté trouvent que la solution la plus simple, c’est d’installer des petits jardins de culture ?

Alors pourquoi ne pas offrir des petits terrains à ces enfants.  Tout compte fait, pendant et après les deux guerres mondiales un même mouvement s’est créé dans beaucoup de nos pays.  Cela s’appele “jardins du peuple”, “volkstuintjes”, “allotment gardens”.  Beaucoup de ces jardins se sont installés le long des chemins de fer.  Ils fonctionnent toujours avec beaucoup de succès.  C’est un exemple à suivre pour lutter contre la malnutrition, la faim, la famine, en particulier dans les pays désertifiés.

Les gouvernements et les organisations internationales ont toutes les possibilités de prendre des initiatives pour installer ces jardins pour les pauvres, en particulier pour les enfants.  Je pense notamment au PAM et à UNICEF (voir une initiative de UNICEF ALGERIE en 2005-2007).

Au lieu de dépenser des milliards de dollars au transport de vivres vers des populations affamées, il vaut mieux utiliser ces sommes énormes à la construction de jardins de famille, des jardins scolaires et des jardins des hôpitaux.  Cela est réalisable en une toute petite période de quelques mois.  Le résultat serait un développement durable, qui reste toujours un des objectifs primordiaux du Millenium.

En Algérie, nous avons déjà livré la preuve que ces jardins ont une valeur fantastique, car ils apportent aussi un nouvel espoir pour un meilleur avenir.  Mais il faut s’y mettre avec une volonté ferme de continuer les efforts, enregistrant ainsi succès après succès.

Je continuerai à croire que le jour viendra, que …

Willem

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.