Tunisie / Récolte céréalière : Une manne du ciel, mais, il faut veiller au grain (African Manager)

Lu au site : African Manager

http://www.africanmanager.com/articles/124027.html?pmv_nid=1

5-08-2009 :

Tunisie / Récolte céréalière : Une manne du ciel, mais, il faut veiller au grain

Mohamed Lahmar

Après une éclipse fortement ressentie, la corne d’abondance refait cette année une remarquable réapparition dans nos prés à l’immense satisfaction des agriculteurs, des pouvoirs publics et assurément bientôt des consommateurs. A bien des égards, la récolte céréalière est exceptionnelle, et des régions, qui sont regardées comme le grenier de la Tunisie, se signalent par des records de production. En attendant les chiffres officiels, les projections, convergentes, tablent sur 25 millions de quintaux pour 1,3 millions d’hectares emblavés. On est déjà à mille lieues de la précédente moisson qui n’avait totalisé que 12 millions de quintaux alors que le pays en produit en moyenne 18.

Maints facteurs se sont fédérés pour qu’il en soit ainsi, et d’abord, une pluviométrie, qui, à force d’être luxuriante, a dû susciter, par endroits,  quelques craintes chez les cultivateurs. Mais, sitôt les choses rentrées dans l’ordre, d’autres n’ont pas manqué de surgir,  au point que le problème qu’il est devenu essentiel et urgent de gérer a pour nom la surproduction avec son cortège de difficultés liés au stockage, au transport, à la disponibilité des moissonneuses-batteuses…

Mais, pour ainsi dire, les pouvoirs publics veillent au grain en mettant en place un dispositif qui facilite la gestion de la récolte.  Un comité chargé de suivi de la moisson a été créé aux différents niveaux de collecte, de transport et de stockage des céréales. En outre, 265 000 quintaux de semences sélectionnées et plus de 200 000 quintaux de semences ordinaires ont été mis à la disposition des agriculteurs, en plus de la création d’un institut national pour les grandes cultures regroupant les différents intervenants , l’élargissement des superficies réservées aux céréales en terres irriguées à 17 000 hectares avec une productivité de 50 quintaux par hectare, l’augmentation des prix au niveau de la production et la concentration sur la culture du blé dur dans les zones humides et semi-humides avec une productivité de 40 quintaux par hectare.

Il y a eu aussi le maintien des subventions exceptionnelles pour la récolte, l’augmentation de 10 pc du plafond des crédits saisonniers, le rééchelonnement, sur une période de 5 ans, des dettes des agriculteurs affectés par le déficit pluviométrique au cours de la saison (2007-2008) avec la prise en charge par la caisse nationale de compensation du paiement des intérêts issus de ce rééchelonnement au profit de quelque 2000 agriculteurs, outre la fourniture d’aides en nature à 25 000 petits agriculteurs et le maintien de la mesure permettant aux producteurs de céréales irriguées sur les périmètres irrigués publics de bénéficier à titre gratuit de la première opération d’irrigation.
Pour être complet sur ce registre, il y a lieu de relever l’offre d’une capacité additionnelle pour le transport de 160.000 tonnes de céréales et le doublement de la part journalière de 2.700 tonnes à environ 5.000 tonnes sur l’ensemble des lignes ferroviaires. 2110 camions sont actuellement disponibles.

Premier résultat concret de toute cette mobilisation, tel que constaté par le Conseil d’administration de la Banque centrale, lors de sa dernière réunion, « l’activité économique a été marquée par l’amélioration du niveau de la production dans le secteur de l’agriculture ».

(continue)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.