Asie : L’autosuffisance alimentaire à la merci de la sécheresse (Google / Riskassur-Hebdo)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse

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L’autosuffisance alimentaire en Asie à la merci de la sécheresse

L’Asie compte actuellement 4,2 milliards d’habitants et il aura 2,5 milliards de nouvelles bouches à nourrir en 2050, ce qui fait que la demande asiatique d’alimentation humaine et animale devrait doubler dans les quarante prochaines années.

Si des réformes majeures dans la gestion de l’eau et de l’irrigation ne sont pas engagées rapidement, l’Institut international de la gestion de l’eau,l’IWMI, a prévenu, à l’occasion de la Semaine de l’eau organisée à Stockholm, que la plupart des pays du continent asiatique devront importer un quart du riz et du blé dont ils auront besoin à cette époque.

Actuellement, l’irrigation tient une place centrale dans l’agriculture asiatique, avec 34 % des surfaces agricoles irriguées, contre seulement 8 % en Europe et 10 % en Amérique du Nord.

Le riz, dont la culture est tributaire de l’eau, est la principale ressource alimentaire de 1,3 milliard d’habitants de la Chine et des 1,1 milliards d’habitants de l’Inde.

Dans ces deux pays, où la culture du riz irrigué a permis l’autosuffisance alimentaire à partir des années soixante-dix, les nappes phréatiques sont polluées et leur niveau a baissé considérablement au cours des dernières années.

Dans une bonne partie du continent, le taux des surfaces irrigués s’est accrue entre 1961 et 2003, en faisant passer le taux d’irrigation à 82%.

En Inde, l’augmentation du nombre de pompes électriques individuelles qui permettent de pomper dans la nappe phréatique est exponentielle, ce qui a conduit à un gaspillage dramatique des ressources en eau.

Dans une province du nord du pays le niveau des nappes phréatiques est descendu de 60 mètres en dix ans et une partie des sols est salée et a perdu sa fertilité.

Cette situation ne peut que s’aggraver du fait du réchauffement climatique, qui provoque la fonte progressive des glaciers himalayens, avec un surplus temporaire de l’apport d’eau, suivie d’une aggravation de la pénurie dans les prochaines décennies, à cet égard, il faut tenir compte du long terme.

Le rapport de l’IWMI ne condamne pas pour autant l’irrigation qui reste pour l’Asie l’unique atout pour accroître la production alimentaire, dans la mesure où il n’y a pas de nouvelles terres à défricher.

L’IWMI estime que l’Asie est à la croisée des chemins et doit trouver de nouvelles solutions pour remédier aux dégradations dues à des années de négligence.

La stratégie préconisée repose sur une meilleure utilisation de l’eau et à renoncer à l’irrigation massive, au « tout va ».

On sait que la Chine et l’Inde ont d’ors et déjà lancé des programmes de construction de canaux pour transporter l’eau d’une région à l’autre, mais cela ne suffira pas, faute d’une meilleure utilisation de la ressource, à adapter principalement à la culture du blé. On comprend mieux les achats massifs ou à défaut de location de terrains agricole, que la Chine pratique en Afrique centrale pour assurer le ravitaillement de sa population.

Cependant, cette politique que la Chine peut pratiquer, grâce à ses énormes réserves monétaires, n’est pas à la portée des autres pays du continent asiatique.

L’Inde est actuellement confrontée à une sécheresse historique.

(continue)

Personne ne peut plus douter de l’importance de la bonne conservation et d’utilisation de nos ressources en eau que l’on croyait encore inépuisables, il y a peu !

Erik Kauf
Rédacteur en Chef

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.