Namibie: L’arbre-carquois Aloe dichotoma meurt du réchauffement (Google / Romandie / AFP)

Lu au site : Alerte Google – désertification

http://www.romandie.com/infos/news2/100106053006.o58hcx7c.asp

Pourtant né dans le désert namibien, l’arbre-carquois meurt du réchauffement

WINDHOEK – « Il y a trop de branches mortes », note avec tristesse Aaron Kairabeb en s’appuyant sur un énorme arbre-carquois, une espèce endémique du désert de Namibie qui souffre de l’envolée des températures dans cette région du globe.

« Quand j’étais enfant, il y a plus de 70 ans, mon grand-père m’a fabriqué mon premier carquois avec les branches de cet arbre. Mais je crains qu’aujourd’hui il ne soit mourant », poursuit le vieil homme, qui habite à 200 km au sud-est de Windhoek.

Dans cette région aride, les « Aloe dichotoma » sont une attraction touristique majeure. Ces aloès géants y sont connus sous le nom de Kokerboom (« carquois » et « arbre » en Afrikaans), les Bushmen utilisant leurs branches pour fabriquer des étuis pour leurs flèches.

Grâce à leur tronc fibreux capable de retenir l’eau, ils sont bien adaptés au climat sec de la Namibie et du nord-est de l’Afrique du Sud et peuvent normalement vivre jusqu’à 300 ans.  Mais le réchauffement climatique, qui a rendu le thermomètre fou dans cette partie du globe, les soumet à rude épreuve. Depuis 2001, un nombre anormal de Kokerboom ont été retrouvés morts dans le désert namibien.

Déjà protégé par la Convention sur le commerce international des espèces en danger (Cites), l’arbre-carquois vient d’être placé sur la liste des 10 espèces les plus affectées par le changement climatique, comme le beluga ou le manchot empereur.

« L’arbre-carquois est connu pour sa tolérance à la sécheresse et sa longévité mais il pourrait avoir atteint ses limites », écrit Wendy Foden de l’Union pour la conservation de la Nature et des ressources naturelles (IUCN) qui publie cette liste rouge.

Les températures ont, selon un rapport gouvernemental de 2008, déjà augmenté de 1,2 degré celsius en un siècle en Namibie, en faisant le pays le plus aride d’Afrique sub-saharienne. Et la hausse devrait s’accélérer.

Les modifications climatiques ont été rendues responsables d’inondations destructrices dans le nord du pays en 2008 et 2009 et de l’aggravation de la sécheresse ailleurs.

La Namibie avait donc placé de grands espoirs dans la conférence internationale de Copenhague, organisée en décembre pour tenter de trouver une réponse coordonnée au réchauffement climatique.

Mais « Copenhague s’est avéré très décevant », a commenté à son retour le Premier ministre namibien, Nahas Angula. « Les leaders mondiaux ont échoué de manière monumentale en ne concluant pas d’accord contraignant. »

Le chef du gouvernement a demandé de l’aide et une réunion des donateurs est prévue pour le début de l’année.

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(©AFP / 06 janvier 2010 06h30)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.