2010-2020 décennie pour les déserts et la lutte contre la désertification (Google / Larousse / ONU)

Lu au site : Alertes Google – désertification

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L’ONU déclare la décennie 2010-2020 décennie pour les déserts et la lutte contre la désertification

Publié le:07/01/2010

L’ONU réaffirme son engagement à lutter contre la désertification
La question de la désertification avait été présentée pour la première fois comme un problème mondial lors d’une conférence des Nations unies à Nairobi en 1977, mais c’est en 1992, lors de la Conférence sur l’Environnement et le Développement durable de Rio de Janeiro, que la mise en place d’un comité inter-gouvernemental a été demandée en vue de l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant sur le problème de la désertification.

La Convention des Nations unies contre la désertification est signée à Paris en 1994, le 17 juin devenant Journée mondiale de la lutte contre la désertification. Elle met en place en 2006 l’année internationale des déserts et de la désertification et organise régulièrement des conférences ; la 9e s’est tenue à Buenos Aires en septembre 2009.

Dans ce cadre a eu lieu la Première Conférence scientifique de la Convention pour laquelle le Comité scientifique français de la désertification a fourni un important travail préparatoire, associant scientifiques et représentants de la société civile. Lors de la Conférence, les recommandations présentées par les scientifiques ont été acceptées par les gouvernements. Elles concernent notamment une série d’indicateurs pour mesurer et évaluer la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.

L’ampleur du phénomène

Le processus de désertification a d’abord été considéré  comme un phénomène « naturel » lié aux variations climatiques à long terme que connaît la Terre, les limites des déserts s’étant déplacées au cours de l’histoire en fonction de la variation des précipitations. Les graves sécheresses de la fin des années 1960 et du début des années 1970, notamment au Sahel, ont suscité des recherches qui ont mis en évidence la complexité d’un processus lié autant aux interactions entre les hommes et leur environnement qu’aux caractéristiques climatiques locales.

Les régions sèches du globe sont les plus menacées par la dégradation des sols et la désertification puisque les productions y sont limitées par la disponibilité en eau. Ces zones représentent 40 % de l’ensemble des terres utilisées et sont situées principalement en Afrique (37 %), en Asie (33 %) et en Australie (14 %). On estime que le tiers d’entre elles est d’ores et déjà affecté par la désertification et que, globalement, plus de 2,6 milliards de personnes sont directement concernées par la dégradation des terres.

Le processus de dégradation concerne également de plus en plus les sols de régions réputées moins fragiles. Actuellement les PAN, Plans d’Action Nationaux, principal outil mis en place par le programme de lutte contre la désertification, concernent une centaine de pays, parmi lesquels figurent l’Espagne, la Turquie et quatre pays d’Europe centrale et orientale.

Les causes anthropiques de la dégradation des écosystèmes pouvant mener à la désertification sont multiples, la pression trop importante sur les sols pouvant venir de la croissance démographique, de la perte de terres par urbanisation, du surpâturage, de la déforestation, des cultures intensives.

La désertification dans le contexte du changement climatique

Le GIEC a publié en 2007 son quatrième rapport qui présente l’évolution future des principaux paramètres du climat, à différentes échéances de temps, en particulier celle des températures et des précipitations. Ces dernières ont une probabilité forte de diminuer dans plusieurs régions du globe, là même où elles ont déjà enregistré une baisse sensible depuis plusieurs années. Cela s’est traduit par une vulnérabilité accrue des écosystèmes fragiles des zones sèches, entraînant une diminution des rendements agricoles et de la fourniture des pâturages. Se profile la spirale d’une dégradation continue, qui mène à la désertification, si rien n’est fait pour l’enrayer, avec des pertes importantes de terres agricoles. Quant aux populations qui vivent dans ces régions, leurs ressources diminuent, leur situation alimentaire se dégrade et, là aussi, les conséquences deviennent rapidement dramatiques. En témoignent déjà des déplacements de population, nommées migrations climatiques.

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L’évaluation et la prévention

Dans un contexte mondial où les ressources alimentaires doivent s’accroître, à la fois pour éradiquer la sous-alimentation existante et pour répondre à la croissance démographique attendue, les pertes de terres arables ou de pâturages et les bouleversements socio-économiques qu’elles entraînent constituent des catastrophes majeures.

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Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.