Kenya : Les ravages de la sècheresse (Google / Global Voices)

Lu au site : Alertes Google – sécheresse

http://fr.globalvoicesonline.org/2010/01/14/27527/

Kenya : Les ravages de la sècheresse font émerger l’importance de l’exemple

Une sécheresse prolongée a amoindri la production agricole dans les zones rurales du Kenya, affectant des millions de familles qui vivent de l’agriculture, de la pêche ou de l’élevage. Comme dans d’autres zones rurales en Afrique, quand les désastres et les épreuves arrivent, les jeunes sont les plus vulnérables.

Toute la Corne de l’Afrique [en anglais tout comme tous les liens ci-dessous] a été victime de sècheresses durant les décennies passées, mais cette période actuelle est particulièrement dure, et certains l’ attribuent à de nombreux problèmes environnementaux.  Le cheptel, estimé à 100 000 têtes, a péri à cause du manque d’eau, et le gouvernement Kenyan estime que 10 millions de personnes font face à des pénuries alimentaires. La malnutrition est un problème tout comme les maladies liées à la consommation d’eau non potable.

Voici une courte vidéo de Gorta [en anglais], l’organisation contre la famine basée en Irlande, qui témoigne de comment une famille s’adapte aux conditions dans la vallée du Rift, l’une des régions du Kenya les plus affectées.

Sécheresse au Kenya – la persévérance d’une famille de Gorta TV sur Vimeo.

Quitter sa maison

La sécheresse a forcé les éleveurs à quitter leur village pour chercher de l’eau et de la nourriture pour leurs animaux. “Dans la plupart des cas, ceci veut dire que des femmes fragiles, des enfants et les personnes âgées sont laissés à eux même dans les villages” écrit Ebby Nanzala Wamatsi pour le blog Women News Network. Des jeunes peuvent être laissés, pour entretenir les champs secs, mais si de rares pluies arrivent, elles peuvent créer le cycle vicieux de l’eau, mais aussi d’emporter les récoltes, avertit le journal kenyan Daily Nation.

Menace de violence

D’autres problèmes arrivent aussi quand toute une famille s’en va. Quand beaucoup de gens quittent leurs terres traditionnelles de chasse et de culture ou élevage, cela peut créer des conflits dès que les éleveurs se hasardent dans des territoires utilisés d’habitude par d’autres communautés, et intensifier ainsi des tensions. Le braconnage, le vol de bétail et le banditisme sont en hausse, effrayant les victimes potentiels puisque les assaillants utilisent des armes plus sophistiquées. Le blog Kenya Watch raconte que 400 personnes sont mortes en 2009 selon les estimations à cause de la violence.

Un massacre particulièrement horrible s’est produit en septembre dans un village appelé Kanampiu dans la vallée du Rift. 35 habitants, y compris des femmes et des enfants, ont été tués par des maraudeurs.

Les problèmes d’éducation

La migration en dehors de la région natale force les enfants à abandonner l’école, et rend difficile pour eux d’y retourner. Le niveau d’éducation est un important baromètre de leur revenu futur. Pour ces enfants qui vont a l’école dans la vallée du Rift, dans le nord du Kenya, certains ont peu d’espoir. “Beaucoup d’enfants, plus de 1000 originaires de la région de Baragoi [dans le Samburu] ont déménagé avec leurs parents et ne retournerons pas à l’école d’ici peu,”a prédit Joseph Leparua du Groupe de support au Développement du Samburu à un reporter de IRIN News.

Pire : la cantine scolaire est parfois le seul endroit où les enfants sont sûrs de trouver à manger, selon un reportage de CBBC.

Cohésion de la famille et du village

En dehors des problèmes de sécurité alimentaire et de sécurité personnelle causés par la sécheresse, les jeunes doivent aussi se soucier de la cohésion de leur famille élargie. Faith Akiru, une femme qui travaille au Kenya avec l’association Catholic Relief Services (CRS) et vit aux États-Unis, a grandi parmi les éleveurs Turkanas dans un village de 1000 habitants dans le nord-ouest du Kenya. Elle raconte, sur le site de CRS, comment la sécheresse a affecté son village.

(continue)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.