Stratégie de la Banque mondiale concernant l’accaparement des terres (GRAIN)

Lu au site : GRAIN

Nouveautés de GRAIN | 22 avril 2010

Les mouvements sociaux dénoncent la stratégie de la Banque mondiale concernant l’accaparement des terres

Le 26 avril 2010, la Banque mondiale ouvre une importante conférence de deux jours à son siège à Washington. À la table seront assis des gouvernements, des bailleurs de fonds, des chercheurs, des PDG et des organisations non-gouvernementales. Et de quoi vont-ils discuter principalement? De définir comment profiter au mieux des masses d’argent fraîchement mobilisées pour permettre à l’agrobusiness de s’installer sur d’immenses zones agricoles dans les pays en développement, en particulier en Afrique. La Banque qualifie ces acquisitions foncières d’“investissements agricoles”. Les mouvements sociaux préfèrent parler d’“accaparement des terres”.

À l’occasion de cette réunion, la Banque va publier une étude très attendue sur cette nouvelle tendance que constitue l’accaparement. Elle ne se contentera pas d’évaluer combien d’hectares font l’objet d’achats et de ventes, où, pourquoi et par qui, mais elle va aussi présenter sa propre solution pour répondre aux risques et aux inquiétudes soulevés par ces investisseurs étrangers – depuis George Soros au fonds souverain libyen, en passant par le géant des télécoms chinois ZTE – qui s’emparent des terres agricoles à l’étranger, pour y produire de la nourriture destinée aux exportations. La banque va ainsi avancer une série de “principes” que les acteurs seront censés appliquer. La FAO, la CNUCED et le FIDA ont accepté de soutenir la Banque et de l’aider à promouvoir ces “principes”.

La Vía Campesina, FIAN, Land Research Action Network et GRAIN ont rédigé une déclaration commune expliquant comment l’initiative de la Banque ne servira qu’à favoriser davantage la ruée sur les terres et pourquoi elle doit être bloquée. Plus d’une centaine d’autres organisations et de mouvements sociaux se sont officiellement associés à cette déclaration en tant que co-sponsors. Aujourd’hui et dans les jours qui viennent, de nombreux groupes feront entendre leurs protestations contre l’accaparement des terres et expliqueront que, pour nourrir notre monde, il est indispensable de soutenir l’agriculture familiale qui est fondée sur la communauté et produit pour les marchés locaux et régionaux, et non l’agriculture industrielle qui ne profite qu’à l’agrobusiness.

Nous invitons tous les groupes intéressés à nous rejoindre et à faire part de leur propre expérience.

(continue)

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.