L’arbuste du Sahara pour résister à la sécheresse (Google / El Watan)

Lu au site : Alerte Google – sécheresse http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=92164

L’arbuste du Sahara pourrait nous aider à résister à la sécheresse

Le Calotropis intrigue les scientifiques

Son latex contient un dangereux cardiotoxique, mais ses fleurs, ses tiges ou son bois sont très utiles à l’homme. Même au plus chaud de l’été, il défie le soleil de ses grandes feuilles vertes.

Le Calotropis procera, plus connu sous le nom de Pommier de Sodome (voir encadré), arbuste toxique spécifique du Sahara, intrigue les scientifiques. « Les plantes du désert font l’objet de nombreuses études, car leurs mécanismes de résistance à la sécheresse peuvent s’avérer utiles pour l’homme si le climat continue à se réchauffer », explique Mohamed Belghoul, chef du département des études et du développement du patrimoine naturel à l’Office du parc national de l’Ahaggar. Et le Calotropis est un excellent cas d’étude, puisqu’il affectionne les sols dégradés, en particulier les anciennes cultures et pâtures gagnées par le sable. Le botaniste H. Gillet, dans sa Note écologique et botanique sur le Calotropis procera, en 1968, le soupçonnait déjà d’avoir gagné « toutes les terres ruinées de la zone intertropicale » et pensait que « son aire ne cesserait de s’accroître à la même cadence que celle des terres abîmées ». Mohamed Belghoul confirme : « C’est une plante colonisatrice qui prend la place des autres plantes, en absorbant les éléments nutritifs et l’eau du sol avant même que les autres aient le temps de se développer. » Toutes ses parties sont toxiques : des études menées sur les racines brutes, le fruit séché et les autres composants utilisés en inhalation pour le traitement de l’asthme, ont montré qu’ils entraînaient à la longue une insuffisance rénale aiguë. Mais le plus redoutable est sans doute son latex, suintant aux cassures. Edmond Bernus, géographe spécialiste des Touareg a même rapporté que les ânes ou les chevaux qui se frottent contre l’arbre, perdraient même leurs poils à son contact. La calotropine contenue à l’intérieur de ce lait, dangereux cardiotoxique (substance qui exerce une action toxique sur le cœur), était autrefois utilisée pour la confection de flèches empoisonnées. Ceci dit, cette substance permet aussi de soigner les plaies des chameaux ou encore de débarrasser les animaux de leurs tiques. En 2005, des chercheurs ont testé une préparation à base de latex séché de calotropis procera sur des souris pour étudier son potentiel dans la prévention et le traitement du cancer. Cette préparation se serait révélée efficace dans la protection contre la division désorganisée des cellules et n’aurait pas entraîné d’effets secondaires. « Les agronomes et les généticiens devraient aussi s’intéresser à ses feuilles, ajoute Mohammed Belghoul. Si on identifiait le gène à l’origine de la grande taille des feuilles, vertes toute l’année, donc plus aptes que celles des autres plantes à synthétiser la matière organique lors de la photosynthèse, on pourrait le transférer dans des cultures comme celle du pois chiche ou des lentilles pour en augmenter la production. » Et ce n’est pas tout : même les fibres du Calotropis, contenues dans son liber (partie intérieure de l’écorce de l’arbre) et dans ses fruits, très résistantes, ont une utilité. Les premières servent à la fabrication de cordages et de filets, les secondes comme bourre ou substitut de coton hydrophile. « Les Touareg aiment également son bois, utilisé pour les piliers des tentes, précise le scientifique. Léger, il est pratique à transporter lors de leurs déplacements. » Pilé, il est sert de poudre dans les cartouches des fusils, et à faire cailler le lait. Quant à ses vertus pharmaco-chimiques, elles seraient nombreuses quelle que soit la partie de l’arbuste : les fruits et les fleurs favoriseraient la lactation des chèvres. Des travaux ont démontré, entre autres, des propriétés anti-inflammatoires à l’extrait aqueux des écorces de racines, anti inflammatoires, insecticides et antimicrobiennes aux extraits éthanoliques des feuilles et des fleurs. Des extraits organiques des fleurs ont montré une activité antifongique et l’extrait aqueux des écorces de tige, une activité antitussive.

Pourquoi Pommier de Sodome ?

(continue)

Source : Wikipedia.

Mélanie Matarese

Publié par

Willem Van Cotthem

Honorary Professor of Botany, University of Ghent (Belgium). Scientific Consultant for Desertification and Sustainable Development.

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